5 nov. 2009

OVNI : INTERVIEW DE BERNARD THOUANEL II

Bernard Thouanel après une mission sur bombardier TA-7 Corsair II / Copyright Collection B.Thouanel

Bernard Thouanel, vous étiez un des organisateurs de la fameuse conférence sur les OVNI qui s'est tenu à Washington le lundi 12 novembre 2007. Pour les Français qui ne seraient toujours pas au courant, pouvez-vous nous dire quel était le but principal de cette conférence et quels étaient les intervenants ?

Bernard Thouanel : Je n'ai jamais été le coorganisateur de cette manifestation. C'est le réalisateur producteur James C. Fox et la journaliste activiste Leslie Kean qui en étaient les instigateurs de A à Z. Mon rôle s'est borné à fournir la liste et coordonnées de tous les officiels français et belges afin qu'ils puissent être invités à la conférence. James Fox a d'ailleurs passé deux jours avec moi, à mon domicile de Los Angeles afin de sélectionner les intervenants définitifs. Pour le reste, je me suis contenté de suivre l'évènement dans les coulisses, puisque j'avais réussi avec insistance à me faire intégrer au sein de l'équipe de James Fox. J'avais en ce sens une exclusivité totale.
Cette conférence avait pour but de servir de déclencheur médiatique pour le documentaire de James Fox intitulé provisoirement "Beyond the Blue", qui se devait être initialement une sorte de suite de "Out of the Blue", son précédent film, et par la suite qui est devenu "I know What I saw". C'est un premier point. Le deuxième point, était de lancer un pavé dans la marre à quelques encablures du Bureau Ovale. L'hôtel où nous étions se situe effectivement à quelques rues de la "White House" qu'on aperçoit très bien depuis la terrasse-restaurant. C'est vrai, il y avait aussi de la provocation politique quelque part venant de Leslie Kean et de The Coalition for Freedom of Information (CFI) qu'elle représentait. Il faut avouer que L.Kean est très bien introduite dans le milieu de la politique américaine. Son oncle, Thomas H.Kean, a été le Gouverneur de l'état du New-Jersey et accessoirement le président de la commission d'enquêtes du 9/11... Donc, pour résumer, la conférence visait un but de médiatisation des productions de James Fox, et d'autres part, un but politique avoué de la part de Leslie Kean.

Ce qui m'a le plus surpris dans cette conférence, c'est la multiplicité des témoignages de pilotes (civils et militaires), très sérieux, et la plupart du temps impressionnants, concernant leurs expériences en matière d'observations d'OVNI. Personnellement, est-ce que vous connaissiez depuis longtemps ce type de témoignages ?

B.T : Oui, je connaissais très bien les cas présentés. Depuis que je publiais VSD Hors-Série en 1998. J'ai été extrêmement étonné que le Général P. Jafari de l'IRIAF vienne à cette conférence par exemple. Par contre, j'ai été très déçu de la part des français qui n'ont pas voulu, comme les gens du Cometa prendre cette opération très au sérieux. Ils ont dû le regretter par la suite. Ce qui je pense, explique la longue intervention du Général Denis Letty dans le récent documentaire de James Fox.

Le producteur James C.Fox et la journaliste Leslie Kean à Washington D.C / Copyright Lisa Kimmell / FCZ Media 2007 via J.C.Duboc

Pourtant, il existe sûrement des pilotes (encore une fois civils et militaires), français qui ont eu des expériences de ce type. Comment expliquez-vous cette frilosité ?

B.T : La peur du ridicule. Le sentiment se se faire passer pour un toqué. Quand on occupe une fonction de Commandant de Bord, ou celle d'officier supérieur au sein d'une Force Aérienne, on est vite marginalisés lorsque l'on prend position sur un sujet aussi sensible.
Regardez par exemple des pilotes de ligne comme Jean-Gabriel Greslé, ou Jean-Charles Duboc, certains de leurs collègues les prennent pour de vrais cinglés depuis que leurs affaires ont été médiatisées. Je connais un équipage d'Air France qui a observé un Ovni au-dessus de l'Espagne depuis un Airbus A320, hé bien ces gens puisqu'ils étaient à l'époque des responsables syndicaux du SNPL ne se sont jamais manifestés ni n'ont jamais accepté de témoigner en public, encore moins officiellement.
J'estime pour ma part que la moitié des pilotes ne témoignent pas de qu'ils ont vu, encore aujourd'hui. C'est énorme.

Est-ce que vous pensez qu'il existe en France (et aux Etats-Unis), des services spécialisés dans l'archivage et l'analyse de ce type de données. Ou bien se perdent-elles à tout jamais ?

B.T : C'est là bien le problème. Ces services existent sans l'ombre d'un doute. J'ai même rencontré leurs responsables aussi bien aux Etats-Unis qu'en France. L' Air Force n'a jamais laisser tomber le dossier, soyez-en sûr. Où sont passées toutes les archives ? Je dirais qu'aux USA, on a encore moyen malgré tout de retrouver les dossiers grâce à la loi FOIA de 1974. En France, par contre on ne retrouve pratiquement rien, "Peanuts" ! Quand vous voyez les dossiers du GEIPAN mis en ligne, vous vous apercevez qu'il sont soit tronqués, soit caviardés, soit qu'il manque des parties importantes. C'est le cas notamment de témoignages de pilotes du 5 novembre 1990 et du fameux cas du Commandant Jean-Charles Duboc du 28 janvier 1994 qui n'a jamais été rendu public. Vous admettrez avec moi, qu'il s'agit d'une transparence plutôt opaque de la part des autorités françaises.

Interview pour Sci-Fi Channel / Copyright Collection B.Thouanel

Pourquoi alors, pensez-vous que la France ait soudainement mis en ligne, et à la disposition du grand public, une partie des "archives" du GEIPAN. Est-ce à votre avis en rapport avec le COMETA ? Est-ce que c'est l'arbre qui cacherait la forêt ?

B.T : Le rapport COMETA n'a rien à voir avec la mise en ligne des documents du GEIPAN. A l'époque, il n'était même pas question de vouloir rendre public les archives. Dixit les propos du comité directeur du Cometa qui était d'ailleurs totalement réfractaire à ce que VSD publie le rapport sous sa bannière. D'où la solution du cahier détachable rouge qui accompagnait le numéro en kiosques, en juillet 1999. L'arbre qui cacherait la forêt est une "Lapalissade" ! Prenez l'exemple du cas de Quarouble ou de Colmar en 1954. Ces dossiers existent mais ils ne sont pas au GEIPAN. Pourtant des gens les ont vus. Notamment, Edmond Campagnac qui en avait parlé lors de l'émission débat sur Planète, toujours en 1999, débat auquel je devais participer sur le plateau et dont j'ai été écarté par le producteur sur conseil des membres du COMETA. Ce qui explique la chaise vide aux côtés du sociologue Pierre Lagrange et de l'astronome François Biraud. Voilà pour l'anecdote !


Vous dites avoir rencontré les responsables des services qui s'occupent de l'analyse des données relatives aux observations d'OVNI en France et aux Etats-Unis. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

B.T : Quand j'entends analyse, il s'agit de modélisation, c'est à dire de reproduire le fonctionnement de ce qui a été observé dans certains cas. Là, c'est aux Etats-Unis que l'on travaille la question. En revanche en France, on se contente faute de budget de mettre de côté certains dossiers qui méritent une attention. C'est essentiellement le bureau Espace de l'Etat-Major des Armées qui s'en occupe. La section "Technologies sensibles" du SGDN et côté civil, la DST maintient quelques dossiers notamment liés aux observations des pilotes. En revanche, c'est bien la DGA (Délégation Générale à l'Armement) qui est principalement ampliataire des dossiers Ovnis en France. Donc, pas étonnant que l'on retrouve certains de ses représentants au sein de la commission 3AF. CQFD.

Lors d'une conférence, Jean-Jacques Velasco vient de déclarer qu'il avait remis personnellement en 1999 (au Premier Ministre de l'époque, Lionel Jospin), le rapport COMETA. Est-ce que vous pensez que ce rapport était accompagné (ou non), de preuves qui ne figureraient pas dans la rapport (version grand public) ?

B.T : C'est exact. Jean-Jacques Velasco a remis le rapport en main propre à son ami le Premier Ministre de l'époque, Lionel Jospin, au Printemps 1999, dans le terminal de l'aéroport de Toulouse-Blagnac pour être plus précis. Je confirme. En revanche, je ne crois pas qu'il était accompagné de pièces. Les hommes politiques n'aiment pas se balader avec des caisses de documents, et se contente la plupart du temps de synthèses. Ce qui est logique, sinon ils seraient obligés de se balader en semi-remorque à chaque déplacement. Je ne crois pas en l'existence de pièces jointes pour la simple et bonne raison que le rapport dans sa version originale était bourrée d'erreurs notamment dans la datation des cas d'observations d'Ovnis. Et je peux vous dire que les membres du Cometa aussi respectables soient-ils m'ont jeté un regard rempli de haine lorsque, simple journaliste que je suis, j'ai osé mettre sur la table toutes les erreurs collationnées en présence de mon directeur de publication, François Siégel. Je crois d'ailleurs, qu'ils m'en ont tenu une certaine rigueur depuis lors. Ceci expliquant cela... On ne s'attaque pas impunément à des polytechniciens ou des officiers généraux surtout lorsqu'ils sont dans l'erreur. En France, on considère cela comme un crime de lèse-majesté. Aux Etats-Unis, on vous remercie pour vos connaissances et de votre aide. C'est toute la différence. Mais de taille !


B.Thouanel avec Bill Barnes (UFO Hunters) et J.C Duboc à la fin de la conférence de Washington (Novembre 2007) / Copyright Lisa Kimmell / FCZ Media 2007 via J.C.Duboc

Pour en revenir à la conférence de Washington de Novembre 2007, Est-ce que vous vous attendiez à de telles retombées au niveau médiatique ?

B.T : J'en était convaincu depuis le début. Sinon je n'y aurais jamais participé, croyez-le bien. D'autant que James Fox avait un atout maître en main, à savoir la chaîne d'informations CNN. Lorsqu'on est très ami de la productrice de l'émission de Larry King Live, ça aide considérablement !

Cette conférence se trouvait effectivement à quelques encablures de la Maison Blanche. Est-ce que vous avez noté la présence de quelques membres des services de renseignements ou autres ?

B.T : Bien entendu. Je me suis même baladé pendant la conférence que je connaissais par coeur pour avoir assisté aux répétitions. J'ai vu personnellement un type n'appartenant pas aux médias qui était en train de tout filmer depuis le balcon latéral du National Press Club à l'étage supérieur, et j'ai pu aussi entre apercevoir un badge dans le sac qui contenait ses équipements. Par la suite dans le lobby de l'hôtel où nous étions, en discutant le soir même avec James Fox et Jim Penniston, ce dernier m'a confirmé qu'il devait vraisemblablement appartenir aux renseignements militaires au regard du descriptif du badge et de l'écusson que je lui en avais fait !
Et pour terminer ce chapitre des agents extérieurs, j'ai remarqué parmi d'autres choses, qu'il y avait effectivement des ufologues mais aussi des illustres inconnus présents à cette conférence, notamment une jolie dame qui a essayé de nous poser un tas de questions lorsque nous marchions en groupe avant d'aller déjeuner. Il faut dire que je n'ai jamais entendu parler à nouveau de cette personne après la conférence. Il y avait sans l'ombre d'un doute, des agents des services concernés dans la salle de presse, des femmes notamment comme cette personne qui ne disposait d'aucune carte de presse professionnelle ni d'affiliation.

Quel a été pour vous l'intervention la plus remarquée au cours de cette conférence ?

B.T : Question à dix points. Pour moi, c'est celle du Général Parviz Jafari de l'Islamic Republic of Iran Air Force. Car il était celui que l'on connaissait le moins et pour cause. Il a fallu trois mois de négociations pour James Fox et Leslie Kean afin de le faire venir aux USA. C'est ainsi d'ailleurs que les gens de la production des UFO Hunters sur History Channel (qui faisaient le pied de grue devant l'immeuble du National Press Club à Washington) ne se sont pas gênés pour le récupérer et faire une émission avec lui. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils ne manquaient pas d'air...

Comment expliquez-vous qu'un Général Iranien ait pu se rendre à Washington pour témoigner d'une observation d'OVNI dans une conférence internationale ?

B.T : Oui, cela m'a d'autant étonné sachant les relations tendues avec l'Iran. Toujours est-il que ce Général Iranien a pu faire escale par le Moyen-Orient avant de repartir aux Etats-Unis, sans être incommodé le moins du monde. Il a dû passer pas moins de 24 heures ou plus afin d'effectuer son voyage... Mais qu'on ne s'y trompe pas, cela s'est fait avec l'assentissement des autorités iraniennes...
D'ailleurs, lorsque j'ai rencontré à nouveau le Général, quelques jours plus tard cette fois à Los Angeles, tandis qu'il rendait visite à l'une de ses filles résidant aux USA, je peux vous dire que le café "Starbucks" où il m'avait donné rendez-vous était bourré d'agents iraniens, à droite à gauche et au milieu...

Cela voudrait-il dire que les autorités Iraniennes cautionnent ce type de manifestations internationales ! Ne trouvez-vous pas cela étrange voire suspect ?

B.T : Caution, je n'irai pas jusque-là. Mais enfin, ils ont donné leur aval quelque part sinon le Général n'aurait jamais pu revenir en Iran. Soyez-en sûr...
Si on prend du recul, je dirai que toute cette affaire paraît comme suspecte. Nous sommes amenés à nous poser quand même quelques questions. Comment un producteur plutôt désargenté peut réussir à mettre sur pied un tel évènementiel à l'aide de sponsors privés. Personnellement, ça m'épate. Il faut vraiment tirer le bon numéro à la loterie. J'ai participé à l'élaboration d'un ambitieux projet de documentaire sur les Ovnis pour la télévision française. Plus de 12 épisodes de 52 minutes. Un réalisateur très pro, avec un Background de premier choix. Des présentateurs célèbres et connus de l'audiovisuel. Une coproduction par une maison ayant pignon sur rue. Malgré cela, le projet n'a jamais vu le jour et pourtant il a suscité l'intérêt de tous. Cherchez l'erreur !

Pour les gens qui ne sauraient pas, pouvez-vous nous parler de l'expérience du Général Jafari ?

B.T : Le Général (à l'époque des faits, Major) Parviz Jafari était le pilote d'un des deux chasseurs-bombardiers F-4 E "Phantom II" du Squadron 32 de l'IIAF qui avaient décollé dans la nuit du 18 septembre 1976, pour aller intercepter un Ovni gigantesque au-dessus de Téhéran. C'est lui qui avait été contraint de rebrousser chemin à la suite du brouillage de ses moyens de communication radio et de ses instruments de bord, notamment du panneau d'armement de ses missiles Air-Air rendu inutilisable. Sans entrer dans les détails, ce cas est exemplaire en matière de confrontation aérienne avec un Ovni...

Vous voulez dire que James Fox aurait été en quelque sorte "cornaqué" par des services officiels américains dans le cadre d'une campagne de divulgation "partielle" du phénomène OVNI au niveau international ?

B.T : Ne me faites surtout pas dire ce que je n'ai pas dit... Je ne pense pas du tout que James Fox ait été sponsorisé par des services gouvernementaux. Vu de l'intérieur, cela semble totalement impossible et relevant plus du fantasme conspirationniste. En tout les cas, pour moi, ce n'est que le fruit d'une initiative privée MAIS avec l'assentiment des autorités fédérales. C'est indiscutable. Il faut quand même avouer que nous étions tous réunis dans un hôtel à deux pas de la Maison Blanche. Comme provocation, on ne pouvait pas mieux faire. S'ajoutaient à cela, les émissions avec Larry King sur CNN. Tout cela semblait orchestré de main de maître. Il faut bien l'avouer. C'est quelque chose qui aurait été impensable et infaisable en France, dans les mêmes conditions...

B.Thouanel en discussion avec J.C. Ribes et J.C Duboc après la conférence de Whashington (Novembre 2007) / Copyright Lisa Kimmell / FCZ Media 2007 via J.C.Duboc

Le succès de cette conférence débouchera-t-il vers la création d'un nouveau projet évènementiel sur le thème des OVNI ?

B.T : Déjà, le succès de cette conférence a débouché sur le documentaire de James Fox "I know What I Saw", c'est pas mal en soit. Il s'agit d'un excellent film qui ne se veut pas être révolutionnaire. Il n'y a pas de scoops, mais une prise de conscience à l'attention des sceptiques et de la communauté rationaliste appartenant aux sphères du ou des pouvoirs en place, plus particulièrement américains. Encore une fois, c'est quelque chose d'unique qui a coûté quand même, conférence et tournage confondu aux alentours d'un demi-million de Dollars plus ou moins après trois années de travail. Je ne pense pas sauf évènement exceptionnel, qu'un autre projet puisse voir le jour dans les mêmes conditions.

Que pensez-vous de l'émergence de l'exopolitics aux Etats-Unis ?

B.T : Pour moi, après avoir vécu dans les coulisses des bases aériennes et des centres militaires pendant plus de 25 ans, et dans le monde entier, après avoir participé à la publication de VSD Hors-Série, du rapport COMETA et d'évènements comme la conférence de Washington en 2007, l'Exopolitics appartient plutôt plus à l'émergence de l'UFO Business, vu depuis ma lucarne qu'avec les Repas Ufologiques en France, qu'on peut rapprocher d'un autre côté de l'"ufologie de quartier" populaire au sens noble du terme. Autrement, je considère cela plutôt comme un épiphénomène à connotation religieuse, mais certainement pas un évènement à vocation d'étude scientifique.

Bernard Thouanel devant le F-35 à Edwards AFB (Octobre2008) / Copyright Collection B.Thouanel

A propos des Repas Ufologiques en France, il y a en ce moment au sein de cette structure (une des plus importantes d'Europe), une vive polémique. Elle est dû en partie à une tentative de noyautage venant de la part d'un contacté bidon qui semble vouloir faire du prosélytisme au cours de ces manifestations. Ce qui porte atteinte au sérieux de cette organisation. Cela vous étonne-t-il ?

B.T : Non, ça ne m'étonne pas du tout. J'en suis désolé pour Gérard Lebat pour qui j'ai beaucoup d'estime. Malheureusement, le fait de fédérer n'est pas donné à tout le monde et je crains que les successeurs de Gérard n'arrivent jamais à la cheville de leur prédécesseur dans ce domaine. Si vous voulez mon avis, il faudrait que les Repas Ufologiques perdent leur vocation à caractère gratuit, et deviennent une association à part entière où l'on se soucie de la sélection des intervenants et aussi de la qualité des spectateurs. Dans le cas contraire, ça deviendra rapidement du n'importe quoi et l'on va retomber dans ce que vous décrivez. C'est ce que j'appelle l'ufologie de quartier ou à la limite l'ufologie Bourdaisienne. C'est-à-dire, de l'ufologie se basant sur des rumeurs, des cancans de pipelets, et certainement pas sur des enquêtes menées sur le terrain. Vous savez, il n' y a rien de valorisant à compiler les enquêtes faîtes par d'autres pour les mettre à son propre compte dans des livres, et ensuite se faire passer pour un expert.
N'importe qui sachant un tant soit peu écrire et se faire publier peut le faire. C'est à la portée du premier venu. D'où les conflits que vous mentionnez dans votre question...
Posez la question à Jean-Jacques Velasco, à Claude Poher, à Jacques Vallée, ils vous diront tous qu'on ne peut pas confier à n'importe qui des questions pluri-disciplinaires aussi ardues que celles relevant des questions ufologiques, à moins que l'on souhaite en faire une religion à part entière. Dans ce cas-là, cela relève d'un tout autre registre !

Ce qui m'étonne le plus dans votre parcours, c'est que justement vous sillonnez depuis de nombreuses années les centres militaires du monde entier. Comment les militaires vous accueillent-ils en connaissant votre profil de journaliste favorable au phénomène OVNI ? Est-ce que vous êtes tenu à un devoir de réserve pour certaines choses ? Sous peine de perdre vos accréditations pour vos prochains reportages ?

B.T : Tout à fait exact. Nous sommes une toute petite poignée de journalistes aéronautiques avec un point en commun, nous nous intéressons tous aux "Blacks Programs". Parce que c'est là effectivement qu'il y a du grain à moudre. Je suis allé au NORAD. Je vais régulièrement sur des bases aériennes. Il y a quelques jours, j'étais à Edwards AFB. On ne m'a jamais ennuyé le moins du monde. Pourquoi ? Parce que, il faut savoir faire salon comme on dit, c'est-à-dire ne pas venir avec une idée en tête, celle de provoquer. S'intéresser aux Ovnis n'est pas illégal... A ce que je sache. Le grand secret et le grand complot appartiennent plus à des gens comme Gildas Bourdais et à Jean-Pierre Petit qui n'ont jamais mis les pieds dans les endroits que je visite régulièrement...
Là, cela relève du fantasme pur... Mais la réalité est fort heureusement différente que les propos et fantasmes littéraires des deux auteurs suscités. Chacun son truc. C'est la raison pour laquelle j'ai toujours pu mener mes enquêtes plus loin que les autres. Avec objectivité, honnêteté et en mettant mes convictions au placard de temps à autre. Encore une fois, il faut savoir se montrer fins d'esprit. Je ne suis pas convaincu que Gildas Bourdais ou Jean-Pierre Petit soient des enquêteurs scrupuleux. Ce sont des religieux chacun dans leur domaine. On adhère à leurs thèses où l'on n'y adhère pas. Pour des raisons évidentes d'éthique professionnelle, je n'y adhère à aucune...

Bernard Thouanel devant le démonstrateur F-16 Vista à Edwards AFB (octobre2005) / Copyright Collection B.Thouanel

A propos des "Blacks Programs" américains, vous réfutez complètement les thèses de Jean-Pierre Petit. Pouvez-vous nous dire si vous avez des informations toutes fraîches sur les "supposés programmes" en cours ?

B.T : Sans dévoiler de grands secrets, je dirai oui. Car Jean-Pierre Petit est certes un excellent théoricien, un chercheur de laboratoire talentueux à l'imagination débordante mais certainement pas un expérimentateur éprouvé au fait des retours d'expérience opérationnels. Un exemple récent. L'USAF et le DARPA mettent au point comme vous le savez le X-51, un prototype hypersonique sans pilote qui sera largué depuis un bombardier B-52H dans les mois qui viennent. Il se trouve que j'ai rencontré deux de leurs responsables, des officiers appartenant à l'U.S Air Force. J'ai appris au détour de ces conversations qu'ils se heurtent à un problème technique majeur. Le plasma ! Aucune émission radio électronique, aucune communication, aucun signal ne peut passer à travers lors du vol hypersonique de l'engin en question, comme pendant les rentrées atmosphériques des capsules ou de la navette spatiale. Ils n'ont pas à ce jour trouvé aucune parade à ce problème. Alors les théories de Monsieur Jean-Pierre Petit Ex-Directeur de recherches au CNRS s'écroulent alors comme un château de cartes. Lui qui prétendait que l'hypersonique était parfaitement opérationnel au sein des forces armées US, a tout faux. Comme quoi de temps en temps il faut sortir de son coin perdu pour se renseigner, tout docteur en cosmologie, mécanique du vol que le Dr.Petit soit, j'en passe et des meilleures...
C'est un exemple parmi d'autres qui démontre que rien ne vaut l'enquête sur le terrain. Le savanturier qui découvre tout tel un passe-muraille derrière un écran d'ordinateur relève du fantasme et de la fantaisie à part entière. Appelons cela pudiquement de la science-fiction, j'appelle cela pour ma part toujours du délire technologique !

Interview au JT de 13h00 de TF1 EN 2003 / Copyright Collection B.Thouanel

Est-ce que vos accréditions vous donnent droit à une visite de sites sensibles comme la zone 51 par exemple ?

B.T : Aucun journaliste n'a eu accès au centre d'essai de Groom Dry Lake qui est par définition ultra-secret. Celui qui est allé à mon avis, doit être le plus frustré au monde car il ne pourra jamais faire mention de sa visite ni ce qu'il a vu. On y expérimente tout ce qui sera appliqué en matière de technologie militaire sur les appareils qui seront en service d'ici 20 à 30 ans et au delà. De ce côté-là, et c'est parfaitement justifié, il n'y a aucun intérêt à y faire entrer les médias. Cela relève du secret militaire à part entière. Et de la sécurité nationale bien évidemment.

Comment expliquez-vous que justement, c'est dans ce genre d'endroits qu'ont lieu de nombreuses observations d'OVNI ?

B.T : Du fait qu'on y expérimente toutes les technologies révolutionnaires connues et encore inconnues du grand public comme les nouveaux types de propulsion, il est normal a priori qu'on y voit des engins étranges et aujourd'hui des drones de tout genre et de toutes formes. Deuxièmement, si des espions venus d'ailleurs veulent se renseigner sur nos progrès technologiques de pointe, fatalement ils survolent ces centres d'essais, et pas seuelment Groom Lake mais aussi de nombreux autres endroits de la planète. Cela semble parfaitement cohérent... Reste à savoir qui sont ces visiteurs. Et là effectivement, c'est la grande question. Mais je crois que la grande erreur est d'attribuer systématiquement ces observations à la question extra-terrestre. c'est un raccourci simpliste à mon sens.

Bernard Thouanel devant le prototype F-15 SMTD à Edwards AFB (octobre 2005) / Copyright Collection B.Thouanel

Pouvez-vous nous dire quels sont les dernières observations importantes d'OVNI, ces derniers mois aux Etats-Unis ?

B.T : Je dirais sans l'ombre d'une hésitation, les observations faîtes à Stephenville, au Texas depuis janvier 2008 et surtout l'affaire de l'aéroport O'Hare de Chicago en novembre 2006. Il y en a eu quelques autres, mais elles restent extrêmement marginales faute d'un nombre suffisant de témoins ou de manque de matière, de dossiers, d'éléments concrets entre les mains.

A votre connaissance, existe-t-il aux Etats-Unis une structure (civile ou militaire), qui s'occupe d'étudier, d'analyser les observations d'OVNI au niveau mondial ?

B.T : Officiellement non. Officieusement oui. Ce sont les associations privées comme le MUFON ou le National UFO Reporting Center de Peter Davenport qui collectent les observations sur le plan civil. Côté militaire, c'est beaucoup plus obscur. Mais en tous les cas, les laboratoires de recherches militaires font travailler la question à certains de leurs chercheurs pour modéliser et tenter de reproduire un semblant de technologie sur les observations où l'on a recueilli de la matière et des éléments concrets. Les militaires américains appellent cela pudiquement "les sciences énigmatiques". Voilà ce que je peux vous dire...

Sans faire de prospective hasardeuse, pensez-vous que le processus de divulgation est en cours sur plusieurs dizaines d'années où cela est juste un fantasme de plus venant des amateurs d'OVNI ?

B.T : "Demain, mon prince viendra..." C'est une phrase prononcée par le professeur Jean-Paul Escande pendant l'émission de Tina Kieffer, diffusée sur TF1 en 1995 "J'y crois, J'y crois pas" consacrée justement à la question des ovnis et des extra-terrestres. C'était une véritable bouffonnerie mais qui démontre l'état d'esprit des médias français à l'époque...
Je crois que tous les ufologues de tous poils et de toutes nations sont des grands naifs et ne rêvent que de fantasmes de ce genre n'ayant rien à se mettre sous la dent. Je dirai pour ma part, que la divulgation côté gouvernemental ne dépassera jamais le niveau de divulgation des documents mis sur le web. Pour le reste, il faudrait aussi poser la question à nos éventuels visiteurs de savoir s'ils seraient d'accord qu'on divulgue leur présence à visage découvert. A votre avis, ne vaut-il mieux pas continuer à travailler avec efficacité dans la discrétion ? Ou prendre un risque suicidaire d'ouvirir la boîte de Pandore d'une civilisation humaine qui a beaucoup de mal encore à trouver ses repères ? Je pose la question...

Concernant votre actualité, pouvez-vous nous dire quels sont vos projets en matière d'écriture et d'événementiel pour les prochains mois ?

Comme vous le savez, la presse magazine étant en pleine mutation et souffrant énormément en termes de ventes de la crise économique, les revues dont je m'occupais comme VSD Hors-Série et Sci-Fi Magazine ont cessé de paraître. La première par décision arbitraire de la direction de l'hebdomadaire VSD représentée par Philippe Labi, décision imbécile que je n'ai toujours pas compris car ces publications gagnaient de l'argent. La deuxième publication a stoppé par soucis de rentabilité pour un groupe comme NBC Universal dont la priorité n'est pas de produire des magazines par définition. Je suis donc revenu pour l'heure à la presse aéronautique. Cela me permet de prendre un certain recul afin de pouvoir revenir le cas échéant avec de nouveaux projets dans ce domaine.
Je vise beaucoup plus l'audiovisuel qui est l'avenir. La presse magazine papier est en train d'évoluer voire de disparaître au profit du web et de l'I-Pod interactif. Tout cela fusionnera d'ici quelques mois voire quelques années. Nous sommes encore au stade du tâtonnement technologique.
En dehors de cela, j'ai donc des projets audiovisuels liés aux Ovnis, comme je vous l'ai déjà mentionné. Là, une certaine confidentialité est de rigueur. Par contre, côté littérature, je suis en train de rédiger un livre un peu sous la forme d'un journal romancé destiné à raconter les coulisses de mes enquêtes et de mes travaux depuis les années 1990 en matière d'ufologie. Ca ne sera pas triste mais on ne peut plus nécessaire pour montrer comment un journaliste a vécu les coulisses de ces voyages et de ses enquêtes au bout de l'extraordinaire. Je dois dire qu'à ce stade, cela relève plus du roman d'espionnage que de la science-fiction pure. En tout cas, ce sera passionnant à écrire et à lire... Ca décoiffera, c'est certain !
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Interview faite par Internet en Octobre 2009
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Vidéos de la conférence de Washington par Bernard Thouanel :


Première répétition du Commandant Jean-Charles Duboc, deux jours avant le début de la conférence



Première répétition du Commandant Jean-Charles Duboc, deux jours avant le début de la conférence - Partie II



Première répétition du Commandant Jean-Charles Duboc, deux jours avant le début de la conférence - Partie III



Première réunion préparatoire de l'ensemble des conférenciers avec James Fox et Leslie Kean dans le lobby du National Press Club Conference de Washington



Première réunion préparatoire de l'ensemble des conférenciers avec James Fox et Leslie Kean dans le lobby du National Press Club Conference de Washington - Partie 2




Première réunion préparatoire de l'ensemble des conférenciers avec James Fox et Leslie Kean dans le lobby du National Press Club Conference de Washington - Partie 3





Quelques minutes avant le début de la conférence le 12 Novembre 2007



Vidéos de chasseurs de l'armée Américaine par Bernard Thouanel :

Un OVNI ? Pas cette fois ! Seulement un CV-22 Osprey au-dessus d'un centre de test de l'Air Force



"The White Rocket" - Un T-38C Northrop en train d'atterrir à Edwards AFB en Californie



"La Cadillac du ciel" - Le T-38C Talon



Le nouveau chasseur bombardier américain Lockheed Martin F-35A Lightning II




Le Bombardier stratégique Northrop Grumman B-2A "spirit"





Le Bombardier stratégique Northrop Grumman B-2A "spirit" - Partie 2




Vidéo du centre de contrôle de la NASA pour les missions Martiennes à Pasadena (Californie)

10 oct. 2009

BD : DEDICACES 2009 / PARTIE VI

Seulement pour le plaisir des yeux

(pour les amateurs du 9ème art - et tous les autres également)


DEDICACES 2009 - PARTIE VI

LE LIVRE DES DESTINS
TOME II. LA METAMORPHOSE
Dessinateur : Franck Biancarelli - Scénariste : Serge Le Tendre
Soleil Editions


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LE LIVRE DES DESTINS
TOME III. SILVERMAN
Dessinateur : Franck Biancarelli - Scénariste : Serge Le Tendre
Soleil Editions


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GALFALEK
TOME I. LE GANT DE L'OUBLI
Dessinateur : Franck Biancarelli - Scénariste : Jean-Charles Gaudin
Soleil Editions


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ZORN & DIRNA
TOME II. LE DAUPHIN ET LE RENARD
Dessinateur : BRUNO BESSADI - Scénariste : JEAN-DAVID MORVAN
Soleil Editions


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ZORN & DIRNA
TOME V. ZOMBIS DANS LA BRUME
Dessinateur : BRUNO BESSADI - Scénariste : JEAN-DAVID MORVAN
Soleil Editions


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LES ENQUETES DE SHERLOCK HOLMES
L'AVENTURE DU RUBAN MOUCHETE
D'après le personnage de Arthur Conan Doyle - Illustratrice : Christel Espié
Editions SARBACANE


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LES VOYAGEURS DU DOCTEUR GULLIVER
LIVRE 2.
Dessinateur & Scénariste : KOKOR
Editions Vents d'Ouest


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LES CONTREBANDIERS DE MOONFLEET
LIVRE 2.
Dessinateur & Scénariste : MARION MOUSSE -
Scénariste : IGOR SZALEWA
Editions TREIZE ETRANGE / GLENAT

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LE PAVE ORIGINEL
Dessinateur & Coloriste : NICOLAS WINZ -
Scénariste : ADAM PIANKO
Editions DELCOURT



(A SUIVRE...)
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UN MONDE DE BULLES

LA RESERVE A BULLES

22 août 2009

LIVRES : INTERVIEW DE JEAN - PIERRE PETIT - OVNI LE MESSAGE

Interview de Jean-Pierre Petit



Jean Pierre Petit, vous venez de publier à compte d'auteur un livre intitulé OVNI le message. Pouvez-vous nous dire dans un premier temps quel est le but d'un tel livre?

J.P.P : Le but se lit dans le titre. Après de longues années, je crois avoir compris le sens de ces visites. J'avais déjà exposé cette thèse depuis quatre ans, dans mon site, sans que cela suscite beaucoup d'écho. J'ai alors tenté d'inscrire cela dans un livre, et c'est hélas la même chose. Un de mes collaborateurs m'a dit que l'idée, pourtant simple et compréhensible par le premier venu, était peut être trop en avance, et trop dérangeante pour être entendue. Possible...


Ce qui me surprend le plus à la lecture de votre ouvrage, c'est votre pessimisme (ou réalisme), qui s'explique par le peu d'intérêt que suscite le phénomène OVNI dans la population en général et la communauté scientifique en particulier. Comment expliquez -vous ce recul dans la conscience des gens ?

J.P.P : Il y avait un intérêt très vif dans la population, au milieu des années soixante-dix, qui a amené le CNES à créer le GEPAN, pour répondre à cet intérêt populaire. Je pense que cet intérêt était de nature anecdotique, avait pour mobile la simple curiosité, l'aspect "magazine ". Avec le temps le phénomène OVNI s'est signalé par sa répétitivité, sa monotonie. Lueurs, galipettes, disparitions rapides, etc. Je pense que les gens se sont lassés, tout simplement. Il faut dire que tout a été fait pour engendrer cette lassitude. Le sujet a été folklorisé, discrédité dans maints médias pendant trente années. Le retour en arrière semble impossible.


Au sein de cette communauté scientifique, vous démontrez dans votre livre, que c'est l'ego qui est la cause principale de ce rejet. Pourtant, est-ce que ce n'est pas justement le travail d'un scientifique d'être ouvert à toutes les hypothèses ?

J.P.P : Vous vous faites une image très idéalisée de ce que sont en vérité les scientifiques. Ce sont des gens ordinaires. La science n'est qu'un système organisé de croyances. Elle est en fait structurée comme une religion, si vous la décortiquez un peu. Et de fait, elle possède la même rigidité dogmatique qu'une religion. Elle a ses prêtres, ses rituels, ses fantasmes (les supercordes... l'énergie noire etc...).

Le professeur Michel Bounias

Vous parlez du Professeur Michel Bounias qui est le parfait exemple de ce rejet catégorique que suscite le phénomène OVNI chez les tenanciers du dogme scientifique. Pour les gens qui ne le sauraient pas, pouvez-vous nous rappeler quelle était son rôle dans l'affaire de Trans-en-Provence ? Quelles furent les suites pour lui ?

J.P.P : Le cas de Trans-en-Provence est unique en son genre. Il a été le produit de tout un concours de circonstances. A l'époque, 1981, le responsable du GEPAN de l'époque, le polytechnicien Alain Esterle, avait édicté une conduite à tenir en cas d'atterrissage allégué. Il devait devait y avoir plusieurs témoins et l'enquête ne serait pas poussée plus loin s'il ... avait plu.

Ces règles sont le fait d'un homme incompétent, pas à sa place dans ce genre de chose, comme tous ceux qui se sont succédé à ce poste, à ce jour. Il se trouve qu'à Trans, il y avait un témoin unique : Renato Nicolai et que la veille il y avait eu une forte pluie. Le gendarme qui a fait l'enquête sur le terrain a eu l'idée de recueillir des plantes, de simples luzernes, à l'intérieur d'une trace bien visible, et en dehors de celle-ci. Seconde chance insigne : Il n'a pas coupé les tiges, pour les mettre dans "des sacs plastiques étanches", comme le firent ses collègues un an plus tard lors de l'affaire dite "de l'Amarante" (qui fut ainsi un ratage complet). Il a ramassé une pleine pelletée de terre, supportant ces plantes et a mis le tout dans une boite à chaussures. Ces échantillons ont été acheminés jusqu'au CNES de Toulouse. Comme il avait beaucoup plu, la terre humide a empêché les plantes de dépérir, entre le moment où se sont effectuée cette collecte et celui où, 21 jours plus tard, elles sont arrivées sur la paillasse du professeur Michel Bounias, chercheur à l'INRA d'Avignon (Institut National de Recherche en Agronomie).

Troisième coup de chance : Il se trouve que Bounias avait fait sa thèse sur l'effet de radiations sur les plantes. Effets qu'il mesurait en effectuant un dosage des pigments par une méthode appelée chromatographie sur couches minces.

Bounias a constaté des différences très sensibles entre les deux échantillons, vis-à-vis des équipements pigmentaires des plantes (Chlorophylles A et B, carotène, phéphytine, etc...). Intrigué, il a demandé à ce que des prélèvements soient faits, tous les mètres, jusqu'à une distance de dix mètres du centre de la trace. Il a alors constaté que la perturbation évoluait de manière extrêmement régulière en fonction de la distance et que le coefficient de corrélation, vis-à-vis d'un phénomène en 1/r2 (radiatif), était très élevé (0,99). Il en déduit que les effets constatés devaient être causé par un phénomène de type radiatif. Il en a rendu compte, en précisant qu'il ne voyait nul effecteur capable de produire une telle chose. Des essais d'explications basés sur des projections de ciment s'avérèrent vains. Ce qui est curieux c'est que ce furent les ufologues qui se montrèrent les plus acharnés à démonter cette affaire.

Bounias s'exprima librement dans les médias, mais il se borna à dire ce qu'il avait constaté. C'était un homme ouvert, un authentique scientifique. Mais c'était déjà bien au delà de ce qui pouvait être toléré. En faisant cela, Bounias montrait qu'il pouvait y avoir une donnée factuelle, objective, scientifiquement exploitable, liée au phénomène ovni, autre qu'un témoignage humain, lequel pouvait toujours être soumis à caution. La réaction ne se fit pas attendre : Peu de temps après sa hiérarchie le priva de crédits, de personnel, de locaux, et il se retrouva " déporté " , seul dans un bureau de l'Université d'Avignon, où il finit misérablement sa carrière, privé de tous moyens de recherche. Ajoutons au passage qu'il fut un des tous premiers à signaler la toxicité des pesticides et leurs effets dévastateurs sur les populations d'abeilles (dans l'indifférence la plus totale).


Pour vous, les organismes "de recherches" officielles sur les OVNI en France sont devenus je cite : " Un lieu de transit pour préretraités ". Que pensez-vous des positions de Jean-Jacques Vélasco, concernant le phénomène OVNI, depuis qu'il est détaché du CNES ?

J.P.P : Jean-Jacques Vélasco, simple technicien en optique, se retrouva propulsé à la tête du GEPAN, devenu le SEPRA, lorsque son patron, Alain Esterle, fut envoyé dans un placard, à la suite de l'échec cuisant de celui-ci, de tenter de développer, sans moi, au Centre d'Etudes et de Recherches Technique de Toulouse (CERT), sur des fonds propres importants dont disposait le GEPAN, un thème de recherche en MHD que j'avais proposé. Le scandale fut étouffé. Vélasco, dans son livre évoque la visite d'un haut personnage (en l'occurrence René Pellat, décédé, envoyé sur place par le directeur du CNES de l'Epoque, Hubert Curien, également décédé) qui rendit visite à Esterle et lui signifia qu'il devait démissionner. Ce scandale entraîna la disparition du GEPAN, qui jusque-là avait le statut d'un ... département du CNES !

La trajectoire de Vélasco est à la hauteur de son peu de compétence en matière de science. Mal à l'aise, très bridé par sa hiérarchie du CNES, il joua longtemps le jeu qu'on lui demanda de jouer : désinformer. Ainsi, lors d'une émission enregistrée avec les frères Bogdanoff il y a une vingtaine d'années, on l'entendit dire que " seulement quelques pour cent des témoignages restaient non élucidés, mais qu'avec le temps ce reliquat finirait par disparaître ". Je serais très heureux que quelqu'un retrouve cette interview et la mette en ligne.

Il a en outre " deux cadavres dans ses placards ".

Le premier est un procès en diffamation qu'il intenta à l'ufologue marseillais Robert Alessandri, qui avait découvert, des années plus tard, son incompétence flagrante en matière " d'expertise de phénomènes de rentrées atmosphériques ". Le SEPRA était en effet " le Service d'Expertise des Phénomènes de Rentrées Atmosphériques ". Analysant la rentrée atmosphérique d'un étage de fusée russe Ghorizont, qui s'était produit le 5 novembre 1990, et en se basant sur les trois dernières données de survol fournies par la NASA, il fit une erreur de... 200 km. Vraisemblablement parce que ses moyens d'analyse se limitaient à une mappemonde et une ficelle. Alessandri montra cette erreur, en utilisant un logiciel freeware d'orbitographie, et titra, dans une minuscule revue ufologique qu'il produisait " Quand le CNES engage des fumistes ". Vélasco l'attaqua, et le fit lourdement condamner pour diffamation (5000 Euros). Il eut gain de cause et empocha l'argent sans le moindre état d'âme, somme que je pus collecter auprès de mes lecteurs, Alessandri n'était qu'un pauvre diable. En faisant saisir son compte par huissier, Vélasco n'y trouva pas grand chose.
Par la suite le CNES, craignant que le public ne découvre le caractère complètement bidon de ce service, le SEPRA, le rebaptisa " Service d'Expertise des Phénomènes Rares Aérospatiaux ", qui aurait dû alors s'appeler le .. SEPAR.

Le second est moins connu. Le journaliste aéronautique Robert Roussel fréquenta longtemps le Sepra, à Toulouse. Puis il rédigea un ouvrage dont il envoya copie à Vélasco. Celui-ci, incapable d'écrire une ligne (l'ouvrage suivant qu'il a publié, a été écrit par un "nègre", le journaliste Nicolas Monteggiani), s'associa avec le journaliste Jean-Claude Bourret, grand money-maker en matière d'ovnis, et ils publièrent ensemble un ouvrage intitulé " OVNI, la science avance (...)". Estimant que son texte avait été pillé, Roussel attaque les deux pour plagiat, mais Vélasco et Bourret contre-attaquèrent, et eurent gain de cause. Roussel fut très lourdement condamné, à la hauteur "du préjudice social subi par un personnage tel que Bourret ". Roussel fut en fait complètement ruiné et dû même hypothéquer sa maison pour pouvoir payer la somme requise par le tribunal. Une histoire pratiquement inconnue et parfaitement scandaleuse.

Tout cela n'est pas très brillant et est à la hauteur du personnage, pas non plus à sa place dans ce dossier ovni. Ceci étant, les responsables successifs de ce service du CNES furent tous confrontés à des cas si troublants qu'ils ne purent guère éviter l'hypothèse véhiculaire, extraterrestre.

L'année précédent sa retraite, Vélasco tenta de tirer profit en publiant un ouvrage où il priorisait cette hypothèse. Monteggiani lui servit de nègre, à bas prix. Mais la direction du CNES réagit très vivement en relevant aussitôt Vélasco de ses fonctions et en l'affectant à la conduite d'un club de mini-fusées, qui avait été créé au CNES pour accueillir les jeunes. Le peu brillant Patenet prit sa suite, occupant les trois années précédent son départ à la retraite, en décembre 2008, à scanner et à mettre en ligne sur un site les archives du CNES, totalement dépourvues de toute donnée scientifiquement exploitable.

Aujourd'hui, Vélasco est le has been de l'OVNI. Quant à Alain Esterle, nous n'en entendîmes plus jamais parler. Caude Poher, premier responsable du Gepan, publia lors de son départ en retraite un ouvrage intitulé " les Universons, énergie du futur ", complètement rocambolesque, thèse prétendument scientifique qui n'était appuyée que par des "notes internes Cnes".
En trente deux années la nullité scientifique des responsables du GEPAN-SEPRA-GEIPAN fut sans faille, le service n'ayant jamais publié le moindre papier dans une revue à comité de lecture, seulement des "notes techniques", mises en ligne sur un site Internet par Jacques Patenet, dernier responsable, d'une vacuité absolue. Tout porte à croire que le nouveau responsable, l'ingénieur Yves Blanc, ne fera guère d'efforts pour améliorer cette situation.


Ces derniers mois, certains pays comme la France et l'Angleterre par exemple ont mis sur Internet et à la disposition du grand public, un certain nombre de documents concernant des observations d'OVNI. Est-ce que vous pensez que ces " divulgations " sont juste des effets d'annonce ou bien sont-elles très importantes dans la reconnaissance officielle du phénomène ?


J.P.P : Je ne saurais répondre. Toujours est-il que l'impact est quasi nul. Comprenons-nous bien : le seul impact qui pourrait avoir des suites devrait s'opérer au sein du monde scientifique. Or, à de très rares exceptions dont je fais partie, celui-ci est totalement étanche vis-à-vis de ces questions, d'une étanchéité dont le grand public n'a pas la moindre idée. Au point que quand je disparaîtrai (j'ai 72 ans) toute recherche (à ciel ouvert) d'un niveau scientifique élevé disparaîtra avec moi.


Dans votre livre, vous expliquez que suite à votre participation en 2008, à un congrès sur la MHD à Vilnius, vous vous rendez compte encore une fois, que la mise au point de nouvelles technologies pourrait bien déboucher sur la fabrication de nouvelles armes bien plus destructrices que les précédentes. Pouvez-vous nous en dire plus ?


J.P.P : C'est la suite du premier livre, paru en 2003 : " OVNI et armes secrètes américaines " (Albin Michel). Le processus se poursuit et tout récemment nous avons appris que les Russes avaient obtenu le " break-even " en matière de fusion obtenue par simple compression MHD (sans le recours à la fission pour initialiser cette fusion). Les grandes puissances, puis tous les pays du monde se doteront de cette nouvelle arme, cette technologie étant " proliférante " et ne nécessitant pas d'acquérir des matériaux fissiles (U235, Pu 239). La MHD est une activité 100 % militaire, et fonctionne hélas selon le principe " les bombes d'abord, l'énergie ensuite ", alors que la fusion aneutronique permettrait d'inonder tous les pays d'énergie électrique, sans pollution ni déchets radioactifs, le produit de la réaction n'étant pas constitué que par trois atomes d'hélium.

Il est possible que ce nouveau " progrès " en matière d'armements nous soit fatal, ces bombes " à fusion pure " étant minuaturisables et pouvant éventuellement, avec une fusion Bore Hydrogène devenir... non polluantes, non neutrogènes. Des " bombes vertes ", en quelque sorte, respectant l'environnement ".


A votre connaissance, la France a-t-elle entrepris de rattraper son retard en matière de recherche sur la MHD ?

J.P.P : Je réponds catégoriquement non. Sensibilisée par le contenu de mon livre "Ovni et armes secrètes américaines" (2003), La DGA (Délégation Générale de l'Armement), a bien arrosé de crédits une quarantaine de labos civils français, mais ceux-ci n'ayant ni les connaissances requises, et encore moins des idées n'ont strictement rien produit. Les maîtres de la MHD au niveau mondial ont toujours été, depuis Sakharov, les Russes, et le restent, le démontrent.


Concernant maintenant les lettres Ummites, est-ce que vous pouvez nous donner votre position aujourd'hui en 2009 sur ce dossier ?

J.P.P : C'est un dossier d'une richesse phénoménale, comme je le démontre dans mon dernier livre, en montrant ce que j'ai pu tirer de peu de mots d'une lettre que j'avais reçue en 1993. Il est entre les mains de gens très médiocres (le site UMMO SCIENCE), qui ont réussi une OPA complète sur l'ensemble de ce dossier. Il y a une dizaine d'années. En dehors d'une mise à disposition des textes, le site n'offre aucun intérêt. En Espagne, Hiltrud Franz est pratiquement la dernière survivante du groupe des contactés. Tous les autres sont décédés, dont les plus importants : Antonio Ribera et Rafael Farriols. Quand j'aurai disparu, personne ne saura plus tirer quoi que soit de ces documents, inexploitables par quelqu'un qui ne possède pas des connaissances très pointues.


Dans votre ouvrage, vous expliquez que la société humaine est en pleine mutation, qu'elle semble aujourd'hui plus proche du précipice que d'un carrefour, qu'est-ce que le phénomène OVNI apportera à cette " marmite en ébullition " qu'est devenue notre planète ?

J.P.P : Le choix reste entre les mains des humains. L'émergence des bombes à fusion pure, de manipulations aussi monstrueuses que le 11 septembre, la montée de la violence et des déséquilibres de tous ordres partout, fait que l'histoire humaine ressemble plus à une course à l'abîme qu'une montée vers une prise de conscience essentielle. Le fait que le message mis dans mon livre ne soit pas entendu est extrêmement inquiétant. L'humanité semble courir vers le précipice avec de la cire dans les oreilles et sur les yeux.

Pouvez-vous nous dire quels seront vos prochains projets en matière de recherche scientifique et éditoriaux ?

J.P.P : Le groupe UFO SCIENCE se résume à cinq individus. Ce groupe minuscule a produit de nombreux fruits. Nous allons à la rentrée mettre en fabrication des " bonnettes à réseau ", en Chine, et les diffuser le plus largement possible. Jean-Christophe Doré achève un " détecteur d'OVNI " sophistiqué et astucieux . Je ne pense hélas pas pouvoir me rendre en octobre au colloque de Brème, Allemagne, sur le vol hypersonique, pour raison de santé. Mais nous présenterons une communication à cette manifestation, qui fera figure de nouvelle publication scientifique de haut niveau et contiendra un résultat expérimental de haut niveau. A l'opposé, le GEIPAN est une terre totalement stérile. En 32 ans, il n'est jamais rien sorti de ce service du CNES et je pense qu'il n'en sortira jamais rien, faute de compétences et d'idées. C'est ... comme ça.
Pendant trente deux ans, nous avons cru nous heurter à un mur de silence et qu'en haut lieu des gens en savaient beaucoup plus qu'ils ne voulaient bien le dire. A la suite d'un long échange que j'ai eu avec Sillard, ancien directeur de la DGA, retraité, créateur du GEPAN en 1977, quand il était président du Cnes (Hubert Curien, futur ministre de la recherche en étant le directeur) j'ai réalisé avec stupeur que nous nous étions en fait heurté à un mur de totale incompétence. Aucune recherche n'a jamais été menée en France, sur le sujet ovni, y compris dans un cadre militaire. Le ton du rapport Cometa est en fait un "baroud d'honneur" de quelques officiers supérieurs, en général témoins d'ovnis, comme le général Letty, qui tentèrent ainsi de lutter contre l'immobilisme ambiant. Comme Bounias, ils subirent les réactions négatives de leur hiérarchie. Ainsi Gilles Pinon, contre-Amiral, récemment décédé, avait interrogé le chef d'état major de la Marine, peu après la publication de ce manifeste. La réaction de ce dernier :
- Ces hommes déshonorent l'Armée !
Nous avons animé sur la chaîne Direct 8 ce qu'on pourrait considérer comme la première émission vraiment sérieuse et riche sur le sujet ovni, avec des témoignages en béton, des discours intelligents, émanant de gens réfléchis et compétents. Le public a nettement fait la différence avec les clowneries mensongères précédentes, comme l'émission C dans l'air, où Alain Cirou, rédacteur en chef de Ciel et Espace, avait déclaré, sous le regard approbateur de Jacques Patenet " qu'en matière d'ovni les scientifiques n'avaient rien à se mettre sous la dent ". Y aura-t-il une autre émission sur la chaîne Direct8 ? Je l'ignore. Mais d'ores et déjà nous avons tout le nécessaire pour la rendre aussi passionnante que la précédente, où il n'y a eu aucune censure. La chaîne avait même concédé une rallonge de dix minutes à cette émission, au montage.

Le sujet ovni se ramène à une simple bataille médiatique. L'émission de Direct8 a mis le CNES en fâcheuse posture. Les scientifiques fuient ce sujet ce sujet comme la peste. Ceux qui suivent mon site ont pu être témoins de la lamentable déroute du " Zététicien " Henri Broch.

Cinq individus, c'est bien peu. Mais le public nous a considérablement appuyés financièrement, au point que dès le début 2009 nous avons dû refuser les dons et les envois de cotisations à notre association UFO-science.. Dans cette recherche ce sont les hommes compétents qui manquent, avec des compétences techniques bien définies. Les " bras " et les bonnes volontés ne suffisent hélas pas. Le monde de la science et de la technique, quant à lui, est resté parfaitement sourd à nos appels.

Nous sommes cinq mouches s'agitant dans un verre de lait.
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Interview faite par Internet en Août 2009
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