11 août 2009

OVNI : ROSWELL - RETOUR SUR L'IMPOSTURE DES BALLONS MOGUL par GILDAS BOURDAIS

Ayant déjà exposé longuement (trop longuement, m’ont dit certains) dans plusieurs livres et articles le dossier des « trains de ballons Mogul », mis en avant en 1994-95 par l’armée de l’Air américaine pour expliquer Roswell, mais réfuté ensuite par de nombreux arguments convaincants, je croyais pouvoir le laisser « reposer en paix », mais il s’avère que certains sceptiques le défendent encore, et même avec virulence. Aussi, je crois utile de récapituler ici, brièvement, les principaux arguments conduisant à écarter cette thèse des ballons qui, à y regarder de près, est une véritable imposture.

Résumé du débat.

Le 8 juillet 1947, alors que se déroulait la première vague d’observation de « soucoupes volantes » aux Etats-Unis, la base des bombardiers atomiques de Roswell, au Nouveau-Mexique, annonça par un communiqué de presse la découverte de l’un de ces mystérieux « disques volants », accidenté dans la région, sur le ranch du fermier William « Mac » Brazel. Mais, le soir même, la nouvelle était démentie par le général Ramey, commandant la région aérienne à Fort Worth, au Texas, en montrant aux journalistes des débris de ballon météo et de sa cible radar. C’était une simple méprise, expliqua-t-il, et l’incident fut aussitôt oublié.

Les débris de ballon et de cible radar montrés par le général Ramey à Fort Worth

Cependant, au début des années 1990, des témoignages ayant fait surface, de plus en plus nombreux, qui confirmaient le premier communiqué de presse de 1947, l’armée de l’Air a alors expliqué, en 1994-95, qu’elle avait en fait protégé le secret d’un « train de ballons » expérimental, appelé « Mogul », qui devait servir à détecter les futures explosions nucléaires soviétiques. C’était cela que les militaires de Roswell avaient pris pour une soucoupe ! Cette nouvelle explication est-elle plus crédible que la première ?
Rappelons d’abord que l’enquête de la commission du Congrès américain, le GAO, a refusé l’explication des ballons dans son rapport de juillet 1995, contrairement à ce qu’a écrit en France le sociologue Pierre Lagrange. Le GAO, ayant constaté la destruction non motivée d’une grande partie des archives de la base de Roswell, a seulement conclu : « L’enquête sur ce qui s’est écrasé à Roswell continue ». Les enquêtes ont continué, en effet. Au terme d’un long débat qui s’est déroulé au cours des années suivantes, les arguments se sont accumulés qui permettent d’affirmer que l’explication de l’Air Force ne vaut rien. J’ai participé activement à ces débats, et j’ai présenté les arguments en détail dans plusieurs livres et articles, auxquels je renvoie le lecteur désireux d’en savoir plus (1). Je ne fais ici que les résumer.
Voici, selon moi, les principaux arguments que l’on peut avancer contre Mogul :

- Les trains de ballons « Mogul », lancés depuis la base de White Sands, étaient composés d’éléments très ordinaires, ne pouvant nullement impressionner les officiers d’élite chargés des bombardiers atomiques ;

- Le train de ballons « Mogul » No 4, le seul censé pouvoir expliquer – selon les militaires - certains débris bizarres décrits par les témoins, n’avait même pas décollé, ayant été annulé à cause du temps couvert ! On peut en trouver les preuves dans le gros dossier d’un millier de pages, le Roswell Report , publié en 1995 par le Pentagone (2). De plus, aucun témoin de l’époque n’a décrit la récupération d’un train de ballons Mogul, avec ses équipements, sur le ranch du fermier Brazel ou dans les environs ;

- Des témoins militaires et civils, crédibles pour la plupart, ayant eu l’occasion de voir de près et de manipuler certains débris trouvés au sol sur les lieux du crash, ont décrit, de manière concordante, des débris étranges, très différents des débris ordinaires de ballons météo et de cibles radar ;

- Enfin, de nombreux témoins, retrouvés peu à peu par plusieurs équipes d’enquêteurs, racontent une tout autre histoire, celle de la découverte, encore très secrète aujourd’hui, non seulement d’un champ de débris étranges sur le ranch Foster du fermier Brazel, mais aussi d’un ovni accidenté et de plusieurs cadavres d’êtres non humains, sur un site plus proche de Roswell. Sur ce quatrième point, je renvoie le lecteur aux autres articles sur ce blog, en particulier à : « Le crash de Roswell – Le nouveau scénario »

Reprenons ici les trois premiers arguments, qui suffisent, à eux seuls, pour réfuter Mogul.

1- Les trains de ballons « Mogul » : du matériel très banal

Le remplacement de l'explication initiale de l'Air Force - un ballon météo et sa cible radar - par cette nouvelle explication - un train de ballons météo « Mogul » avec divers équipements - appelle tout de suite une remarque de bon sens : vingt ou trente ballons, ce sont toujours des ballons ! Pour tenter de faire oublier cette lapalissade, les tenants de Mogul se sont efforcés de rendre ces trains de ballons impressionnants et mystérieux. Karl Pflock, l’un des premiers enquêteurs à lancer l’hypothèse Mogul, en même temps que l’Air Force au printemps 1994, décrit ainsi ces trains de ballons, dans son livre principal sur le sujet, paru en 2001 (3) : Ils étaient "énormes et complexes, s'étendant sur près de 700 pieds en vol, de haut en bas" (en fait, 600 à 650 pieds, soit 200 à 220 m). L’armée de l’Air américaine a publié l’année suivante son Roswell Report, dans lequel elle insiste également sur cette grande taille, avec un dessin comparant le train de ballons Mogul à la Tour Eiffel ! Cette comparaison est trompeuse. On trouve dans le Roswell Report de l’Air Force plusieurs schémas de trains de ballons, notamment des numéros 2 et 5, mais pas de Mogul 4 dont, apparemment, ils n’ont aucune trace dans les archives (on va voir pourquoi). Voici le schéma du train numéro 2, lancé sur la côte Est le 18 avril :

Schéma du train de ballons Mogul No 2 (Roswell Report)

En fait, les données techniques du rapport indiquent que le train complet, avec instruments, ne pesait pas plus de 25 kg. Avant de gonfler les ballons, on pouvait le transporter dans une jeep. La vraie question est celle-ci : à partir de combien de ballons météo, accrochées à une ligne, risque-t-on de les prendre pour une soucoupe volante ? Mais voyons de plus près les autres composants.

Lancer de ballons et cibles radar reconstitué pour une émission de télévision

Le train Mogul numéro 2, lancé en Pennsylvanie, avait servi de modèle pour les lancers prévus à White Sands, début juin 1947. Il comprenait 25 petits ballons météo en néoprène, pesant chacun 350 grammes, attachés à une ligne verticale en nylon de 650 pieds (200 m), et des cibles radar. Les ballons étaient distants de 20 pieds (6 m). L'ensemble était surmonté par trois ballons en néoprène de 1 000 grammes, qui servaient à assurer le décollage rapide et qui devaient être lâchés à partir de 45 000 pieds (13 700 m). Pour essayer de prolonger la durée des vols, les ingénieurs avaient eu l'idée d'accrocher un réservoir de ballast destiné à s'écouler lentement. C'était un réservoir rempli de kérosène, ou de sable, en plastique, avec une valve de relâchement automatique en fonction de la pression atmosphérique. Selon les modèles, il emportait environ de trois à cinq kilos de ballast. Pour alimenter ce matériel, il y avait aussi une batterie électrique. On a fait grand cas d'une autre pièce d'équipement, la "bouée acoustique" (sonobuoy), destinée à la détection des explosions à distance, qui aurait pu intriguer, dit-on, les aviateurs de Roswell. C'était un modèle marin comportant un hydrophone, un émetteur et sans doute une petite batterie électrique, d’un poids total de treize livres (6,9 kg). Mais la photographie de l'appareil montre un vulgaire tube métallique, long d'un mètre environ, cerclé ici et là, avec au sommet une petite sangle et une boucle métallique, bref, un matériel très ordinaire. Pas la moindre science-fiction là dedans.


Bouée acoustique (Roswell Report)

Un modèle de réservoir de ballast (Roswell Report)


Ces équipements sont décrits, avec schémas, photographies, fiches techniques détaillées, dans le volumineux Roswell Report. Cette abondante documentation est destinée, évidemment, à impressionner et à décourager la lecture. Mais si l'on ne perd pas son bon sens en route, il est flagrant que les composants de ces trains de ballons étaient des équipements parfaitement ordinaires, qu'on n'aurait pu manquer d'identifier comme tels. Il aurait suffi à quiconque d'identifier l'un quelconque de ces matériels - un ballon, une baguette de balsa des cibles radar (nous y venons tout de suite), une batterie, de la ficelle en nylon, une boucle métallique - pour régler la question. Seul l’objectif du projet, mettre au point un système de détection des futures explosions atomiques soviétiques, était secret. Même les personnels techniques n’en savaient rien.

Fragiles cibles radar

Le train de ballons numéro 2 était équipé de trois cibles radar, du modèle ML-307B, très légères et fragiles, d'un poids de 100 grammes seulement, ressemblant à des cerfs volants en forme de tétraèdre, avec des feuilles d'aluminium collées sur papier et montées sur des baguettes de balsa de 8 mm (5/16 de pouce) de section.

Le professeur Charles Moore montrant une cible radar

Des aviateurs chevronnés, responsables des bombardiers atomiques, pouvaient-ils prendre ces fragiles cerfs volants pour des débris de soucoupe volante extraterrestre ? Pour répondre à cette question, il n'en coûte qu'un Euro, le prix d'une baguette de balsa de 8 mm de section, achetée dans n'importe quel magasin de fournitures artistiques et de bricolage. Faites l'expérience, et voyez vous-même combien il est facile de casser une telle baguette dans ses mains. C'est vraiment très fragile. De même, amusez-vous à coller une feuille d'aluminium sur une feuille de papier, et voyez comme c'est facile à déchirer. Voyez également comme c'est facile à froisser, et pratiquement impossible à défroisser ensuite (contrairement aux feuilles infroissables décrites par des témoins, comme on va voir plus loin). Les deux officiers de Roswell envoyés sur le terrain, le lundi 7 juillet, pour inspecter le champ de débris, étaient parfaitement capables d’identifier ces débris. La commandant Jesse Marcel était le responsable de la sécurité de la base de Roswell, et le capitaine Sheridan Cavitt était responsable du contre-espionnage. L’année précédente, Marcel avait été félicité par toute la hiérarchie pour son excellent travail comme responsable de la sécurité des expérimentions atomiques à Bikini. Petit détail : son fils, le Dr Jesse Marcel Jr, a défendu sa mémoire contre des attaques assez ignobles des sceptiques, dans son livre The Roswell Legacy (2007). Il y a reproduit son diplôme de « radar intelligence officer » obtenu en 1945. Marcel n’ignorait rien des cibles radar !

Diplôme du commandant Marcel, pour « radar intelligence officers »

L’argument de la colle à bois

Mentionnons un curieux argument des sceptiques, comme Karl Pflock et le professeur Charles Moore, le physicien qui avait participé aux lancements à l’époque et qui était devenu dans les années 90 un ardent défenseur de la théorie Mogul, avec son livre UFO Crash at Roswell, paru en 1997 (4). Ils ont estimé que ces baguettes de balsa avaient été rendues peu reconnaissables car elles avaient été renforcées, non seulement avec du ruban adhésif, mais en les imprégnant de colle à bois. L'ingénieur Robert Galganski a fait une étude complète de la résistance des ces baguettes de balsa, y compris en les traitant de la sorte. Le résultat est sans appel : elles cassent presque aussi facilement (5). Pour ceux qui aiment les chiffres, les mesures faites dans les règles de l'art avec du matériel adéquat, ont donné les résultats suivants. La force à appliquer pour rompre ces baguettes de 8 mm est de 7,4 newtons pour une baguette non traitée, et de 17,4 newtons pour une baguette traitée avec de la colle à la caséine. Ce sont des forces faibles : un newton équivaut à 0,225 livre, ou 100 grammes.J'ai vérifié moi même qu'une baguette imprégnée de colle, bien séchée, est aussi facile à briser, et que le bois reste parfaitement identifiable car la colle s'enfonce dans le bois après séchage. Galganski a aussi fait des essais de combustion. Les baguettes, traitées ou non avec de la colle, ont commencé à brûler après une exposition de vingt secondes à la flamme d'un briquet. Or, rappelons-nous que le commandant Jesse Marcel, qui avait inspecté le terrain le 7 juillet ainsi que le rancher Brazel qui avait découvert le champ de débris, avaient essayé vainement de brûler les débris avec leur briquet. On le voit, l'argument de la colle à bois est une plaisanterie.
Nous pouvons déjà faire un premier constat. Si les aviateurs de Roswell avaient trouvé un tel matériel, il leur aurait suffi de ramasser l'une de ces baguettes et de la casser pour voir à quoi ils avaient affaire. Il n'y aurait pas eu de communiqué de presse, et pas d'affaire de Roswell. Il est invraisemblable que les aviateurs chevronnés de Roswell, triés sur le volet pour être responsables des bombardiers atomiques, aient pu prendre ces matériels d'une grande banalité pour des débris de soucoupe volante.

L’argument du « scotch à fleurs »

Cependant, nous ne sommes pas au bout de nos peines car les partisans de Mogul ont mis en avant les fameuses cibles radar, une pièce dont ils ont fait toute une histoire, pour la raison que celles de l'équipe de la New York University (NYU), chargée des essais, avaient une particularité : elles étaient renforcées avec du ruban adhésif décoré de motifs de fleurs stylisées. C’est cela, explique-t-on sans rire, que des témoins, tel le commandant Jesse Marcel, le responsable de la sécurité de la base de Roswell qui avait passé une journée à inspecter le terrain (et sur lequel sceptiques se sont acharnés), avaient pris pour des « hiéroglyphes » extraterrestres !
Reconnaissons-le et n’esquivons pas cette difficulté : Le fermier Mac Brazel et sa fille Bessie Brazel-Schrieber ont bel et bien décrit, le premier lors de son entretien du 8 juillet 1947 (sous escorte militaire), et sa fille dans sa déclaration sous serment du 22 septembre 1993, des débris de ballons, et très probablement de cibles radar, comme celles qui étaient lancées début juin à Alamogordo, avec ce détail révélateur du "scotch à fleurs", selon Brazel. L'article du Roswell Daily Record du 9 juillet cite Brazel : "une grande quantité de ruban adhésif scotch et une certaine quantité de ruban avec des fleurs imprimées dessus avaient été utilisées dans la construction" (Considerable scotch tape and some tape with flowers printed upon it had been used in the construction).
Ce n'est pas parfaitement clair, mais il faut admettre que Brazel avait bien fait mention de ruban adhésif avec des dessins de fleurs. A moins de supposer qu’il débordait d'imagination, il a bien cité là un détail "qui ne s'invente pas", et qui semble être, à première vue, un point en faveur de la découverte d'un train de ballons NYU. Soulignons cependant que c'est le 14 juin, alors que le communiqué de presse du 8 juillet parlait d’une découverte la semaine précédente. Je cite : « L’objet volant a atterri sur un ranch près de Roswell la semaine dernière ». Qu'avait donc trouvé Brazel, le 14 juin, c'est-à-dire au moins quinze jours pus tôt ? Le train de ballons Mogul numéro 4 ? Une hypothèse bien plus probable est celle de la découverte d'une simple grappe de quelques ballons météorologiques avec plusieurs cibles radar, qui ne l’avait d’ailleurs pas ému le moins du monde : on en trouvait assez souvent dans la région et ce n’était pas pour cela qu’il avait fait le voyage à Roswell le 6 juillet.
Le gros Roswell Report de l'Air Force mentionne clairement des lancements de grappes de ballons météorologiques par l'équipe de la New York University, au cours du mois de juin. Les rapports de NYU y sont reproduits et, dans celui couvrant le mois de juin 1947, on lit :
"Des essais sur le terrain ont été effectués sur la base aérienne militaire d'Alamogordo pendant la semaine du 1er juin, en utilisant des grappes (clusters) de ballons météorologiques. L'objectif premier de ces essais était de perfectionner le maniement et les techniques de lancement pour de grands assemblages, et de vérifier la mise en œuvre des dispositifs de contrôle de l'altitude mis au point pour ce projet".

Schéma d'une grappe de ballons de NYU (Roswell Report)

Karl Pflock donne plus de détails sur ces lancements non répertoriés, dans son deuxième livre sur Roswell, paru en 2001. A côté des "vols de service" avec tout l'équipement prévu pour les essais de type "Mogul", l'équipe de NYU effectuait aussi des lancements météorologiques, pour vérifier les vents avant les lancements de grands trains de ballons Mogul. Ces vols, précise Pflock, étaient des assemblages en grappe de trois à sept ballons en néoprène transportant de trois à cinq cibles radar ML-307B, attachées les unes aux autres comme la queue d'un grand cerf-volant. Le physicien Charles Moore utilisait plusieurs cibles car le signal de retour radar était trop faible avec une seule cible. Où ces grappes de ballons étaient-elles retombées ? On ne le sait pas. Ainsi, la question de savoir ce qu'avait trouvé Brazel, selon ses dires, le 14 juin, est bien plus incertaine que ne le disent les tenants du train de ballons Mogul N° 4.

Aucun témoin n’a décrit la découverte d’un train de ballons Mogul

Un point important est à signaler ici : aucun témoin de Roswell n’a décrit la découverte, sur le ranch Foster du fermier Brazel, d’un train de ballons Mogul complet, avec ses équipements. Ni le fermier, ni sa fille Bessie, et pas davantage Marcel et son collègue, le capitaine Sheridan Cavitt qui avait inspecté avec lui le terrain, n'ont décrit les constituants des trains de ballons Mogul. Non seulement les instruments tels que radiosonde, bouée acoustique, batterie et réservoirs de ballast (nous allons y revenir) mais pas même la longue cordelette en nylon, à laquelle étaient accrochés les ballons, cibles radar et instruments.

Le physicien Charles Moore, qui avait fait partie de l’équipe de NYU, le reconnaît lui-même dans son livre de 1997, UFO Crash at Roswell, et propose une explication embarrassée :
"Apparemment, une grande partie de l'équipement transporté dans ce vol n'a pas été retrouvée. Brazel n'a pas dit avoir découvert de commutateur de pression, de microphone du type bouée acoustique (sonobuoy), ou le filin en nylon de 600 pieds auquel étaient attachés les ballons. Je soupçonne que les ballons restant (en état) dans le train ont décollé de nouveau et sont partis vers le nord-est, après que les cibles radar, les fragments de ballons déjà éclatés et les anneaux d'aluminium en bas du train aient été détachés par les vents de surface qui soufflaient sur le train après son premier contact avec le sol. Quoi qu'il en soit, aucune découverte des parties supérieures du train de ballons N° 4 n'a jamais été signalée".
De fait, rien de tout cela n’a été retrouvé dans les environs, et il n’y a donc pas la moindre preuve à l’appui de cette hypothèse.

Il y a un témoin qui avait tout vu : le capitaine Sheridan Cavitt, du service de contre-espionnage, qui avait accompagné le Major Marcel sur le terrain. Voilà l'homme qui est en position de trancher ce débat. Il est présenté dans le Roswell Report de l'Air Force comme témoin en faveur de l'hypothèse Mogul. Or, il n'en est rien. Cavitt indique assez clairement, dans son long entretien avec le colonel Weaver, qu'il n'a pas vu de train de ballons. Il n'a vu qu'un ballon météo et sa cible radar. Et, questionné par Weaver sur Karl Pflock, il s'offre le luxe de le qualifier de "notre meilleur debunker" ! Ce mot anglais est dérivé du verbe to debunk qui signifie démystifier, briser. Le debunker est donc le démystificateur, le briseur de mythes, mot très utilisé en ufologie. Drôle de témoin en faveur de Mogul, qui a passé la journée sur le terrain et n’a pas vu Mogul. Peut-être s’est-il refusé à s’associer à un nouveau mensonge, plus gros encore que le premier.
De son côté, Brazel dit, dans son entretien publié par le Roswell Daily Record du 9 juillet, que ce qu'il avait ramassé devait peser dans les cinq livres. C'est loin du compte pour un train de ballons Mogul, même délabré, comme le concède le professeur Charles Moore dans son livre. Le train numéro 5 pesait environ 25 kg, c'est à dire dix fois plus. Cette difficulté n'a pas échappé à Moore, qui a tenté de l'expliquer de la manière suivante :
« Brazel a déclaré avoir ramassé une quantité de caoutchouc "qui faisait un tas d'environ 18 à 20 pouces de long et 8 pouces d'épaisseur" (46 à 51 cm de long, 20 cm d'épaisseur). Trois à quatre ballons météo de 350 grammes auraient fourni une telle quantité de caoutchouc. Cependant, lorsqu'un ballon acoustique (de 350 grammes) éclate, tout ce qui revient sur terre avec sa charge utile (par exemple une radiosonde) est le col du ballon ».
Tout cela suggère, pour Moore, que Brazel avait trouvé le 14 juin des débris provenant d'une grappe de ballons qui aurait été quelque peu démembrée à l'atterrissage. Il note ensuite que, pour arriver à un poids de cinq livres, en comptant non seulement le caoutchouc des ballons mais aussi les autres éléments constituant un train de ballons, "il aurait suffi d'environ quatre ou cinq combinaisons de ballons et cibles".
Cela correspondrait bien à la découverte d'une petite grappe de ballons, et non pas d'un grand train de 25 à 30 ballons accrochés à une ligne de 200 mètres avec divers instruments. On voit que Moore se prend lui-même les pieds dans ses explications. Mais alors, où donc était passé le grand train de ballons Mogul 4 ? Nous allons voir maintenant que le débat est bien plus simple, car il n’avait même pas décollé.

2- Le train de ballons Mogul numéro 4 avait été annulé !

A part le témoignage de Brazel, et celui de sa fille, le seul document écrit qu'on a retrouvé pour tenter d'étayer l'hypothèse du vol Mogul N° 4 est le journal personnel du géophysicien Albert Crary, responsable des lancements de ballons à White Sands, fourni par sa veuve au professeur Charles Moore en 1994. Il est reproduit intégralement, pour cette période, dans le volumineux Roswell Report de l'armée de l'Air, et Charles Moore s'y est référé pour tenter de prouver que le vol Mogul Numéro 4 avait bien décollé. Or, Crary ne le dit pas du tout ! En voici les brèves phrases significatives qui indiquent tout le contraire :

"Mardi 3 juin. Debout à 2 h 30 du matin, prêt pour lancer de ballons, mais finalement abandonné à cause du ciel couvert.

Mercredi 4 juin. Dehors dans la montagne de Tularosa (au nord-ouest) et explosé charges de minuit à 6 h du matin. De nouveau, pas de vol de ballons à cause des nuages. Ai fait voler une bouée acoustique ordinaire (regular sonobuoy) avec une grappe (cluster) de ballons et j'ai eu de la chance avec le récepteur. Dehors avec Thompson l'après-midi au sol, mais médiocre par avion. Nous avons tiré des charges de 18 h à 24 h.

En revanche, Crary mentionne ensuite en ces termes le premier lancement réussi du train de ballons No 5, dans la nuit du 5 juin :
« Assemblage complet de ballons à altitude constante lancé à 5 h » ( Whole assembly of constant-altitude balloons set up at 0500 ). On voit bien la différence de rédaction : le lancement d’une grappe avec une bouée acoustique, dans la matinée du 4 juin, n’était pas du tout un train de ballons Mogul. Pour être précis, la bouée acoustique en question pesait 6,9 kg. Les ballons en néoprène, selon les données du Roswell Report, pouvaient enlever une « charge utile » de deux fois et demi leur poids. Un ballon de 1 000 grammes (un lifter) pouvait ainsi enlever 2,5 kg, et il suffisait de quatre ballons de cette taille, tout au plus, pour enlever la bouée acoustique.

Ainsi, si l'on s'en tient à la lettre du journal de Crary, le train de ballons numéro 4 n'a pas été lancé. Charles Moore et Karl Pflock reconnaissent chacun que ce journal est curieux (puzzling), contradictoire, même, admet Moore. Et il fait ce commentaire : "Une interprétation de la note du 4 juin est que le lancement prévu pour faire des mesures en vol des explosions de surface de Crary après minuit fut annulé à cause des nuages, mais que, quand le ciel s'éclaircit plus tard, la grappe (cluster) de ballons déjà gonflés fut relâchée". Moore explique que le mot grappe était utilisé aussi bien pour décrire un train de ballons qu'une simple grappe, comme ceux du projet Mogul. Détail important : Il avoue ne pas se souvenir de ce lancement de ballons. Mais il suppose qu'il devait être semblable, comme prévu, au train du vol N° 2 qui devait leur servir de modèle pour les trois premiers vols à White Sands. Il est donc probable, conclut Moore, que Crary ait bien fait un tel lancement. Et il suppose en plus que ce lancement aurait eu lieu à trois heures du matin, une hypothèse dont il a absolument besoin pour élaborer une trajectoire hypothétique jusqu'au ranch de Brazel. En fait, on le voit bien, cela ne correspond pas du tout à la rédaction de Crary : si on le lit correctement, le vol Mogul 4 n'a pas eu lieu.
Le seul fait que Moore avoue ne pas se rappeler du lancement de Mogul 4 est extrêmement révélateur. Voilà un jeune étudiant en physique, à qui on a confié un poste de responsabilité, prêt à entrer en action pour procéder au lancement d'un projet important, qui ne se souvient pas du premier lancement, à trois heures du matin !

Le Rapport technique No 1 de NYU (New York University), du 1er avril 1948, couvrant la période du 1er novembre 1946 au 1er janvier 1948, ne fait que confirmer tout cela. Commentaire dans le tableau complet des lancements :
« Vol No 5 lancé le 5 juin, composé de 26 petits ballons météo de 350 grammes et 3 ballons plus grands au sommet (lifters), d’une radiosonde et d’un réservoir de ballast liquide. Poids total 26 kg. Atterri à l’est de Roswell. Commentaire de NYU : Premier vol réussi en emportant une charge lourde. » Remarquons qu’ils avaient déjà renoncé aux cibles radar, beaucoup trop fragiles.

Extrait du tableau complet des vols Mogul selon la New York University

Voilà qui est clair : le vol No 5 fut le premier lancement réussi d’un train de ballons complet, avec instruments. Donc, pas de train Mogul 4, qui ne figure pas dans le tableau. Les sceptiques ont soutenu (certains le font encore) qu’il y avait bien eu des lancements, à White Sands, avant Mogul 5, et que ce commentaire du rapport ne prouve rien. Qu’en est-il de ces supposés vols précédents ?

Dans le Rapport de NYU du 30 avril 1947, sur les ballons à « niveau constant » (constant level), sont décrits les vols qui furent lancés sur la côte Est (pages 26, 27) :
Le vol du 3 avril 1947 correspond au numéro 1 du tableau récapitulatif des vols. C’est le premier essai de lancement Mogul complet, et c’est un échec. Le vol suivant était prévu le 18 avril, mais est abandonné à cause du vent. Les ballons déjà gonflés sont lâchés et l’équipement est récupéré. Un nouvel essai est prévu pour le 8 mai, mais le rapport du 30 avril s’arrête là. On retrouve bien un lancement cité à la date du 8 mai dans le journal d’Albert Crary, mais c’est encore un échec à cause du vent.
Il s’agit là des vols Mogul No 2 et 3, qui sont des échecs et ne figurent même pas dans le tableau complet de NYU. C’est bien ainsi, en revanche, qu’ils sont numérotés et datés dans le livre de Charles Moore (tableau, pages 78 et 79, et texte, page 80).

Extrait du tableau complet des vols selon le professeur Charles Moore. Il a rajouté les vols ratés No 2 et 3, ce qui lui permet de rajouter aussi le vol annulé No 4 !

Moore a rajouté dans son tableau les vols ratés 2 et 3, ce qui lui permet, dans la foulée, d’y ajouter le précieux vol Mogul 4, qui avait été annulé ! Pour sa part, l’armée de l’Air a mis en avant, dans son premier rapport de 1994, un lancer de ballons le 29 mai qui aurait été selon elle le vol Mogul No 3, mais c’est en contradiction flagrante, non seulement avec le rapport NYU, mais avec le livre de Charles Moore, publié trois ans plus tard. Il faut dire que Moore était l’un des auteurs du rapport NYU ! Albert Crary mentionne juste, dans son journal, le lancement d’un simple ballon pour cette date. Charles Moore explique dans son livre (page 82) que ce lancement du 29 mai n’était qu’un premier essai sans équipements, lesquels n’étaient pas encore arrivés à White Sands à cette date. Ainsi, Moore n’a pas suivi l’armée de l’Air sur ce point.

Il faut mentionner ici que le professeur Charles Moore s’est livré, dans son livre, à des calculs compliquée pour tenter de faire atterrir son mythique train de ballons Mogul 4 sur le champ de débris du ranch de Brazel. Mais d’autres chercheurs, tels Kevin Randle, Brad Sparks et David Rudiak, y ont trouvé des erreurs, notamment des manipulations des données météo, qui ont disqualifié cette tentative. Le lecteur curieux d’en savoir plus peut visiter le site web de David Rudiak (6).

3- Les vrais débris : étranges, ne ressemblant à rien de connu

Plusieurs témoins ont confirmé la découverte, par le fermier Brazel et le Major Marcel, d’un grand champ où étaient éparpillés d’étranges débris, à environ cent km au nord de Roswell, à vol d’oiseau. Ceux-ci comprenaient un grand nombre de petites pièces métalliques, découpées irrégulièrement mais très solides, rigides et légères. Il y avait aussi beaucoup de morceaux de feuilles métalliques, ressemblant à de l’aluminium mais qu’on ne pouvait ni couper, ni déchirer, et possédant une « mémoire de forme » (on pouvait les froisser mais elles reprenaient ensuite leur forme plate, sans garder aucun pli). Certaines pièces étaient poreuses, et ne pouvaient donc provenir d’une enveloppe de ballon. Certains débris ressemblaient à des baguettes de balsa, mais on ne pouvait ni les casser, ni les brûler. Selon le Dr Jesse Marcel, fils du commandant Marcel, à qui son père avait montré brièvement des débris, il y avait de curieuses inscriptions le long d’une baguette, faisant penser à des « hiéroglyphes ». D’autres pièces ressemblaient à des fibres optiques.

Tout cela suggérait qu’il y avait eu une violente explosion au dessus de terrain. Incidemment, lorsque j’avais rencontré Karl Pflock en 1995, je lui en avais fait la remarque, notant que des ballons gonflés à l’hélium ne peuvent pas exploser, et il avait fini par l’admettre avec réticence, mais il a continué ensuite à affirmer que c’étaient des débris d’un train de ballon Mogul… C’est une bonne illustration de la plaisanterie de Stanton Friedman au sujet des sceptiques qui ne veulent rien entendre : « Ne m’embêtez pas avec les données, mon opinion est faite ! »

Le dossier des témoignages sur les débris est trop gros pour être détaillé ici. Je renvoie le lecteur à mon livre Le crash de Roswell. Enquête inédite, dans lequel un chapitre entier leur est consacré. Citons juste les principaux types de matériaux:

1- des feuilles métalliques minces, pliables mais infroissables, qu'on ne pouvait ni couper ni brûler ;
2 - des pièces métalliques rigides, très nombreuses, qu’on ne pouvait ni plier, ni brûler ;
3- des morceaux minces et très solides ressemblant à du « parchemin » ;
4 - des morceaux ressemblant à de la bakélite ;
5 - des filaments transparents comme des fils de pêche en nylon ;
6 - des petites poutrelles avec des « hiéroglyphes ».

Arrêtons-nous juste sur ces fameux « hiéroglyphes ». Selon le Dr Jesse Marcel Jr, voici à quoi ressemblaient ces symboles étranges, qui ont donné tant mal à l’armée de l’Air et aux sceptiques pour les expliquer comme une confusion avec les dessins de fleurs sur le ruban adhésif renforçant les cibles radar.

Dessin des symboles par le Dr Jesse Marcel Jr

A ce propos, Charles Moore, à qui le scrupuleux Dr Marcel avait rendu visite à Socorro, a essayé de le convaincre qu’il avait vu des débris de cible radar, en lui montrant une cible qu’il avait conservée chez lui. Marcel a raconté que la discussion avait été courtoise mais brève. « Non, ce n’est pas ce que j’avais vu », lui dit-il. « Si, c’est cela que vous aviez vu ! ». Moore savait mieux que lui ! Marcel lui redit que non, et rentra chez lui, dans le Montana.

Rappel des principaux témoins sur les débris :

Quelques témoins qui disent avoir eu en main des débris :
Major Jesse Marcel ; Dr Jesse Marcel Jr ; Ms. Sgt Lewis Rickett ; Sgt. Robert Smith ; Loretta Proctor ; Bill Brazel ; Sally Strickland Tadolini ; Walter Haut ; Sgt. Homer Rowlette ; Sgt Earl Fulford.

Autres témoins sur les débris :

Barbara Dugger (petite fille du shérif Wilcox); Robert Porter ; Robert Shirkey ; Elizabeth Tulk ; Major Ellis Boldra ; Sgt Melvin Brown (selon sa fille Beverly Bean) ; Dan Dwyer (selon ses filles Frankie Rowe et Helen Cahill) ; Capt. Olivier Henderson (selon sa veuve Sapho, sa fille Mary Kathryn Groode et son ami John Kromschroeder) ; Floyd Proctor ; Lyman Strickland ; Marian Strickland ; Tommy Tyree ; shérif George Wilcox (selon sa veuve Inez Wilcox) ; Mack Brazel ; caporal Raymond Van Why.

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Notes
1. Mes deux livres sur Roswell :
Roswell. Enquêtes, secret et désinformation (2004 JMG Editions)
Le crash de Roswell. Enquête inédite (2009. Editions JMG – Le Temps présent)
2. Headquarters US Air Force, The Roswell Report. Facts and Fiction in the New Mexico Desert, 1995. Diffusé par le U.S. Government Printing Office, Washington DC.
3. Karl Pflock, Roswell : Inconvenient Facts and the Will to Believe, Prometheus Books, 59 John Glenn Drive, Amherst, New York, 2001. (trad. fr. Roswell. L’ultime enquête, Terre de brume, Rennes, 2007).
4. Charles B. Moore (avec Benson Saler et Charles A. Ziegler), UFO Crash at Roswell. The Genesis of a Modern Myth, Smithsonian Institution Press, Washington, 1997.
5. Robert Galganski, The Roswell Debris Field. An Engineer's Perspective, 2eme édition, 2002, Fund for UFO Research (FUFOR), PO Box 277, Mount Rainier, MD, 20712.
6. Site web de David Rudiak

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GILDAS BOURDAIS - Août 2009
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27 juin 2009

BD : DEDICACES 2009 / PARTIE V

Seulement pour le plaisir des yeux

(pour les amateurs du 9ème art - et tous les autres également)


8 juin 2009

LIVRES : INTERVIEW DES ICVD - LES INVISIBLES DU COL DE VENCE



L'équipe des ICVD (Invisbiles du Col de Vence), vous avez fait paraître en 2008 un livre intitulé "Enquêtes et révélations sur une zone d'anomalies permanentes" aux Editions Nerusi. Pouvez-vous nous dire quel est le but de cet ouvrage et la raison pour laquelle vous avez choisi de prendre le nom d'un tel groupe ?

I.C.V.D : Le Col de Vence est connu depuis très longtemps comme une zone d'intense activité ufologique . Dans les années 1960 des auteurs comme Guy Tarade et Robert Charroux évoquaient déjà ce lieu magique. Plus tard, de nombreuses personnes se sont intéressées à l'endroit, certains ont apporté des éléments ou des témoignages pertinents, d'autres personnes en revanche ont brouillé les pistes en inventant toutes sortes d'histoires abracadabrantes. Connaissant bien le lieu depuis de nombreuses années et les histoires qui s'y rattachent, il nous a paru important de compiler nos expériences et nos connaissances dans un ouvrage afin que les lecteurs se fassent une idée plus pragmatique du sujet. Nous sommes avant tout une équipe d'amis qui partagent la même passion de l'insolite et du phénomène ovni.
Les expériences, les enquêtes et le vécu que nous avons accumulés durant ces dernières années ont été partagés par tous ceux de l'équipe. Il nous a donc paru nécessaire de réaliser cet ouvrage de manière collective.
Concernant le nom des ICDV (Invisibles du Col de Vence), il a une double signification. Il fait d'abord référence aux phénomènes Invisibles et insaisissables qui semblent se jouer de nous parfois. Mais il fait également référence à notre groupe qui comme les phénomènes que l'on traque, sait se montrer discret et taciturne lors des investigations sur le terrain.


Le col de Vence (arrivée au col)

Vous avez volontairement choisi la trame romanesque pour l'écriture de cet ouvrage en y mélant adroitement personnages fictifs et expériences bien réelles. Pouvez-vous nous dire pourquoi ?

I.C.V.D : Particulièrement dans le domaine de l'ufologie, le lecteur n'a jamais eu d'autres choix que des écrits avançant des successions de données, de témoignages, ou d'hypothèses formelles. Nous pensons que le col de Vence et les mystères qui se rattachent à la région, ne peuvent pas être abordés de la sorte. En effet, lorsque l'on commence à s'intéresser à cet endroit, les certitudes s'évanouissent et il faut revoir la manière d'appréhender le problème. Au-delà des faits, le col de Vence nous livre une histoire et c'est dans une optique de jeu de piste subtil que cette histoire doit être racontée. Notre volonté a été prioritairement de faire en sorte que le lecteur soit immergé dans le Col de Vence. Le lecteur doit pouvoir sentir, toucher et voir le col de Vence. Il nous a semblé évident, qu'il fallait totalement innover, écrire à contre-courant des parutions traditionnelles.
Nous voulions un ouvrage vivant, proche du lecteur, permettant à celui-ci de s'identifier à notre groupe comme s'il en faisait partie intégrante. De plus, nous avons souhaité que ce livre s'adresse à un public large et non pas seulement destiné à une communauté ufologique.
Chacun peut y trouver de l'intérêt, que cela soit l'ufologue expérimenté, le passionné d'histoire, ou le simple amateur de lieux étonnants. Ainsi, le personnage principal, le berger Michel, a pris naissance pour servir de fil conducteur à cette histoire racontant des faits et des enquêtes bien réelles. A travers Michel, vous découvrirez le passé d'une région, ses paysages, ses mystères du ciel et de la terre.


Le village des Idoles (ici le dromadaire)


Quel fut votre première réaction quand vous avez découvert ce lieu fascinant qu'est le Col de Vence ?

I.C.V.D : On parle du Col de Vence par extension de langage, car la zone à proprement parler est l'ensemble du plateau de Saint-Barnabé. Sain-Barnabé est un hameau isolé sur ce plateau sauvage et désertique qui est pourtant si proche de la côte d'Azur peuplée. C'est d'abord ce premier contraste qui surprend : On passe en quelques minutes de voiture d'un tissu urbain dense a une zone d'un calme absolue, sans lumière parasite, voiture et immeuble défigurant la nature. Ce détachement avec les futilités de la vie urbaine permet de mettre nos sens en exergues et ainsi d'être attentif à d'éventuelles manifestations. Au-delà de l'aspect sauvage et apaisant de la zone, la nature et le faciès géologique surprennent également. Les rochers calcaires façonnés par le temps et les éléments donnent un aspect irréel au décor plongeant encore plus le visiteur dans un monde où le passé et le présent se confondent.


Photo d'un ami de l'équipe, objet dans le ciel, à proximité de Digne


Au cours de vos nombreuses veillées et randonnées sur le Col de Vence, vous avez été les témoins de phénomènes insolites. A un moment ou à un autre, est-ce que vous avez eu la sensation de vous mettre en danger ?

I.C.V.D : Il faut rappeler que les phénomènes insolites sont finalement assez rares. Il peut se passer plusieurs mois parfois sans que rien d'anormal n'arrive. Lorsqu'un évènement insolite se produit, cela survient en général de manière subite et ne dure que peu de temps. En d'autres occasions, certaines manifestations se sont étalées sur de plus longues périodes et ont été parfois assez intenses. Il est arrivé des épisodes très tendus certaines nuits durant lesquels le Phénomène était "actif ". Mais même lors de ces moments intenses, jamais nous n'avons été en danger. Les seuls problèmes survenus ont consisté en des détériorations de matériel (voitures, appareils photo), mais personne n'a jamais été blessé physiquement. Cela dit, notre démarche d'aller au-devant de ces phénomènes n'est pas évidente, la charge de stress peut parfois être extrêmement élevée de par la nature totalement inconnue et imprévisible de ces manifestations atypiques.


Objet lumineux pris en plein ciel sur le plateau de Saint-Barnabé (1998)

Ce qui est le plus fascinant sur cette zone d'anomalie permanente que semble être le Col de Vence, c'est que l'on est en présence à la fois de manifestations dites paranormales (chutes de pierres inexpliquées, poltergeists, etc...), mais aussi d'observations d'ovni en tout genre. Est-ce que pour vous, ces phénomènes ont tous la même origine ou sont-ils bien distincts les uns des autres ?


I.C.V.D : Les phénomènes type poltergeists comme les déplacements d'objets, de pierres principalement, semblent être bien éloignés de la problématique ovnis. Pourtant, nous avons tous été témoins de ce genre d'anomalies. Bien entendu, nous restons vigilants aux fraudes éventuelles, mais il faut admettre que certaines de ces manifestations sont complètement incompréhensibles et arrivent parfois lorsque nous sommes seuls, à des kilomètres du col de Vence. Difficile ensuite de raconter ses mésaventures tellement le témoignage peut paraître absurde. il ne reste alors qu'une intime conviction personnellement difficilement exportable à son entourage. Les personnes pouvant comprendre ce genre de témoignages sont alors bien souvent celles de notre équipe, car ayant aussi vécu ces expériences.
A côté de cela, nous avons pu être témoins de phénomènes lumineux inexplicables par nos moyens technologiques conventionnels. Par exemple, comment expliquer le déplacement lent d'une grande plateforme triangulaire au dessus des montagnes. Comment expliquer aussi qu'une petite boule verdâtre évolue à quelques dizaines de mètres de nous pour ensuite disparaître spontanément ?
Cette multitude de manifestations semble être par moment bien distinct et en d'autres occasions totalement imbriquées. Il est impossible à ce jour d'affirmer que les deux types de manifestations, aériennes et de proximités, soient liés. Cependant, nous avons remarqué que des phénomènes de proximité se manifestaient souvent juste avant ou juste après des observations aériennes inexpliquées. Comment interpréter ce genre de coincidences ? Tout le problème est là. Il se peut que nous ayons affaire à des manifestations bien plus exotiques et complexes que ce que nous pouvons imaginer, à savoir des engins non conventionnels, mais néanmoins bien réels ayant une sorte d'interaction avec d'autres "forces inconnues" pour des raisons que nous ignorons. A moins qu'il ne s'agisse d'un moyen technologique qui dépasse notre entendement et dont nos visiteurs se serviraient pour nous alerter. La question demeure et il faudra bien d'autres investigations sur le terrain pour comprendre ce mécanisme tortueux.


Zone surveillée par le système AMS : Le puy de Tourette

On trouve dans le cahier central de votre ouvrage, de nombreuses photos impressionnantes prises sur le Col de Vence où apparaissent après coup, soient des silhouettes évocatrices parmi le groupe de personnes présentes sur place, soient des ovnis dans le ciel. Est-ce que vous pensez que c'est surtout le développement du numérique qui favorise ce type de photos ou de films "surprises" ?


I.C.V.D : Les photographies sont avec les films, un des rares supports qui permette de saisir une part d'insolite. Cependant, les documents montrant de réelles anomalies sont plutôt rares. Il faut distinguer deux types de photographies. Celles que l'on appelle des photos-surprises qui
sont des clichés pris un peu au hasard, sans que l'on puisse voir quoi que soit au moment de la prise de vue. C'est le cas par exemple de cette photo montrant une silhouette anthropomorphe. L'autre type constitue les clichés pris durant une observation visuelle, comme celle de l'objet volant avec les trois spots rouges qui a été aperçu le 31 août 2008 par trois amis de l'équipe en revenant des gorges du Verdon.
Des personnes nous contactent régulièrement pour évaluer leurs photos. La plupart sont des photos-surprises qui sont souvent parfaitement explicables : sphères ou "orbs" qui sont dus à l'humidité, insectes ou autres éléments passant près de l'objectif. Enfin, une dernière catégorie de photos qui nous parviennent ou que l'on peut trouver sur Internet consiste en des faux grossiers. Il s'agit en général soit de montage numérique, soit par apposition par le fraudeur d'un petit objet devant l'objectif, c'est que nous appelons les "photos trombones".
Concernant les appareils numériques, nous ne pensons pas que ces appareils prennent plus ou moins d'anomalies. Nous prenions déjà des photographies étranges avec des pellicules argentiques (du reflex au jetable en passant par le polaroid) et ceci bien avant l'apparition des appareils numériques. Cependant, il est vrai que les photos présentant des anomalies semblent plus nombreuses aujourd'hui avec les APN. La raison principale est qu'il est aujourd'hui possible de prendre une quantité considérablement plus grande de photos que par le passé. A l'époque, chaque pellicule et développement avaient un coût non négligeable, contrairement à la quasi-gratuité des clichés pris avec les appareils photo numériques. Il est donc logique d'avoir plus de résultats, du moins pour les photos-surprises. Mais il faut rester prudent, car la grande majorité de ces clichés peuvent être interprétés par des phénomènes naturels ou sont trop ambigus. Nous avons donc une nette préférence pour les clichés ou films d'objets réellement visibles, d'où le développement du projet AMS.


Images issues d'une séquence vidéo de l'AMS montrant une grosse météorite

Est-ce que vous pensez que le fait de se rendre très souvent (comme vous le faites), sur le Col de Vence favorise la manifestation des phénomènes insolites ?


I.C.V.D : Nous pensons que s'instruire sur les dossiers ovnis est important. C'est ce que nous faisons chaque jour en lisant des ouvrages ou en utilisant Internet comme source d'information. Mais, nous sommes également persuadés qu'une démarche sur le terrain est indispensable pour appréhender le Phénomène ovni, l'expérience en tant que démarche personnelle ou de groupe est essentielle pour nous. Nous avons besoin d'être confrontés à ce qui nous échappe et pour cela il faut être sur le terrain, passer du temps à investiguer et parcourir les lieux susceptibles d'être actifs. Le Col de Vence en fait partie, mais pas seulement.
Notre présence assidue ne suffit malheureusement pas pour que les manifestations se produisent. Il peut se passer de longs mois sans qu'il ne se passe absolument rien d'anormal. Nous n' avons pas d'explication sur cette irrégularité des phénomènes. En revanche, il se pourrait qu'une configuration bien particulière du groupe d'ufologues à un moment précis puisse agir comme un catalyseur, donc déclencher sans le vouloir certains phénomènes. Au demeurant, il faut être extrêmement prudent avec ce genre d'hypothèse que nous n'avons pas pu prouver de façon certaine. De par notre expérience passée, nous savons que des personnes peu scrupuleuses ont exploité ce genre d'idées pour manipuler et tromper pas mal de gens, causant beaucoup de tort à la recherche ufologique. Nous sommes à l'écoute, mais nous ne sommes pas naifs. La preuve intangible demeure la seule pierre angulaire de notre recherche pour la vérité.


Vue d'ensemble de l'AMS version 1


Vous avez mis en place depuis bientôt deux ans, un nouveau projet ambitieux qui sera d'implanter sur le Col de Vence, un AMS (Automatic Measurement Station) ou station de mesures automatisée. Pouvez-vous nous en dire plus ?

I.C.V.D : Nous sommes partis du constat que les témoignages des phénomènes aériens insolites se cumulent, mais n'amènent pas à une avancée significative dans la compréhension de ce que sont réellement ces phénomènes. De plus, les apparitions sont assez rares et le peu de temps passé à observer le ciel est loin de suffire pour se rendre compte de tout ce qui se passe. Nous savons par expérience qu'il est très difficile de pouvoir capturer un phénomène anormal transitoire lors d'une observation. Il manque clairement des données fiables, en nombre et exploitables de manière pragmatique. Il existe aujourd'hui des moyens techniques qui permettent d'aller plus en avant dans la collecte de données précises. Des appareillages, auparavant coûteux et réservés à des laboratoires, sont maintenant pratiquement accessibles pour tous. C'est pourquoi nous avons voulu entamer un projet permettant d'acquérir de nouvelles données et ceci de manière autonome. Le projet AMS est parti de là.
L'AMS (Automatic Measurement Station) est une idée qui n'est pas nouvelle, mais qui n'a jamais été concrètement abouti en France. En revanche, ce concept est bien développé ailleurs comme en Norvège avec l'équipe d'Hessdalen. Il fallait remédier à cela.


L'AMS version 2 en cours de fabrication


L'expérience d'Hessdalen existe depuis 1981. Les personnes à l'origine du projet ont été alertées les habitants de cette petite vallée Norvégienne qui ont été témoins à de multiples reprises de phénomènes lumineux aériens insolites. Les apparitions étaient si nombreuses et si énigmatiques que rapidement une étude a été entreprise par des universitaires et des enquêteurs divers. Le but était de déterminer la nature de ces lumières mystérieuses et de communiquer ouvertement les résultats au public avec la plus grande transparence. Dès l'été 1983, le projet Hessdalen naquit. Le coeur du programme d'étude est basé sur l'implantation de plusieurs stations de mesures aumatisées ou AMS. Ces appareils ont été conçus puis installés dans cette vallée d'Hessdalen par des équipes de l'Université d'Ostfold. Celles-ci se sont relayées durant toutes ces années afin d'enregistrer et analyser les données recueillies sur place. Au fur et à mesure des expérimentations, le système des AMS s'est grandement perfectionné. De multiples équipes internationales sont venues s'associer pour apporter leurs expertises techniques et scientifiques.


Intérieur de l'AMS


Ayant la chance d'habiter à proximité d'une zone où les témoignages sont nombreux, nous avons voulu nous inspirer de leur démarche et créer notre propre projet de station de surveillance. Ainsi après avoir cogité longuement et réuni suffisamment d'argent de la part des amis de notre équipe, nous avons pu mettre en place notre petite station d'enregistrement. Le développement de la station continue à ce jour et toutes les données techniques et les enregistrements sont disponibles sur le site qui est dédié au projet.
La station actuelle comprend plusieurs dispositifs dont l'élément important est une caméra nocturne très haute sensibilité qui permet d'obtenir des enregistrements en bonne qualité.
Récemment, une caméra de jour a été ajoutée au système et déjà nous avons eu des résultats troublants que nous mettrons en ligne prochainement. Il y aurait énormément de possibilités d'évolution concernant la station, mais nous sommes malheureusement limités par deux contraintes qui sont nos disponibilités et des moyens financiers limités. C'est d'ailleurs pour cette dernière raison que nous avons décidé de consacrer l'intégralité des bénéfices acquis par les ventes de notre livre, pour l'achat de nouveaux appareils pour l'AMS. Nous tenons d'ailleurs à remercier chaleureusement tous nos lecteurs, car c'est grâce à eux que ce beau projet peut continuer dans de bonnes conditions.


Caméra haute sensibilitée utilisée dans l'AMS

Pouvez-vous nous dire quelle a été la dernière manifestation insolite qui s'est produite en votre présence ?

I.C.V.D : Les derniers phénomènes de proximités datent de quelques semaines à peine. Ils se sont déroulés alors que quatre amis de l'équipe étaient dans le département des Alpes de Haute Provence afin de rencontrer des témoins d'apparitions ovnis. Ils faisaient du camping sauvage dans un endroit isolé. En pleine nuit vers les 1 heures du matin, alors que tout le monde dormait dans les tentes, un des amis fut surpris par un étrange phénomène. Il était éveillé, lorsqu'une impression de silence étouffant le saisit, comme si le temps s'était figé. C'est alors qu'il vit une étrange boule de lumière frôler la toile de sa tente en la contournant, avant de partir en direction du ciel. Juste après la disparition de cette lumière, les sons ambiants (animaux, vent et autres bruits environnants), sont instantanément revenus à la normale. Il tenta ensuite de retrouver cette boule en scrutant dans toutes les directions, mais en vain, elle avait définitivement disparu. Les autres amis restés dans les tentes dormaient profondément et ne se sont malheureusement aperçus de rien.
On peut citer également un autre cas qui s'est déroulé il y a peu plus longtemps. Cela s'est passé l'été 2008, nous étions plusieurs groupes d'observateurs effectuant une veillée au col de Vence cette fois. Nous étions trois personnes dans un véhicule, longeant la route qui mène à Saint-Barnabé à environ deux kilomètres de celui-ci. Un autre groupe était déjà au niveau du hameau, dans un parking à proximité, le troisième groupe, le dernier, se situait derrière nous.
C'est alors que le conducteur, notre ami Pierre-Olivier, a d'abord remarqué une étrange lueur rouge qui semblait extrêmement proche de notre position et qui descendait de la crête de la montagne immédiatement à notre droite. Surpris, n'ayant eu que quelques secondes pour voir cette chose, nous avons stoppé et nous sommes descendus du véhicule. C'est à cet instant que la boule rouge est réapparue devant nous. Elle avait changé de trajectoire et était maintenant face à nous.
Elle continuait lentement sa descente vers ce qui nous semblait être la direction du parking de Saint-Barnabé. Nous avons bien pu l'observer à l'oeil nu et aux jumelles 15x50. Celle-ci avait l'aspect d'un petit globe très lumineux, d'un rouge sang, sans aucun halo autour. Nous n'avons perçu aucun bruit ni modification de l'environnement alentour. L'observation a duré un peu moins de deux minutes, avant que l'objet ne soit masqué par des arbres devant nous.

Nous avons repris le véhicule et nous nous sommes précipités vers le parking pensant que nos amis présents là-bas auraient vu la scène de près. Mais à notre grande surprise, les personnes n'ont absolument rien remarqué de spécial. Ni eux, ni le dernier groupe qui venait de nous rejoindre. L'objet étant très lumineux, il aurait été difficile de le rater. La seule explication possible pourrait être que le phénomène soit descendu bien plus près de notre position et non pas vers ce parking. Le mystère demeure quant à la nature de cet objet.




Est paru en France en 2008, un ouvrage intitulé "La science confrontée à l'inexpliqué - dans un ranch isolé de l'Utah" (Le Mercure Dauphinois - Traduit en partie par Gildas Bourdais), sur des manifestations similaires au Col de Vence. Pensez-vous que des zones d'anomalies permanentes se trouvent dans différents endroits du monde ?

I.C.V.D : Le cas du ranch de l'Utah est exceptionnel par la nature des manifestations recensés. Nous avons contacté certains protagonistes de cette affaire au début de cette année afin d'évaluer les liens potentiels entre nos deux spots. Robert Bigelow, le financier de l'équipe d'enquêteurs du NIDS (National Institute for Discovery Science) nous a affirmé que son orientation actuelle est plutôt tournée maintenant vers le tourisme spatial. Il a cependant fait récemment un don substantiel à la célèbre association MUFON (Mutual UFO Network), preuve qu'il ne s'est pas complètement désintéressé du dossier ovni. George Knapp quant à lui, est un des responsables de l'équipe du NIDS qui a enquêté sur le ranch de l'Utah. Il est aussi un des deux auteurs du livre dédié à ce sujet : "Hunt for Skinwalker". Lorsque nous l'avons contacté, il nous a dit que le ranch conserve une certaine activité, bien que, d'après lui, les phénomènes insolites semblent nettement moins nombreux ces dernières années. Notre équipe a dans l'idée de creuser l'affaire en se rendant sur place, mais nous avons d'autres projets dans l'immédiat, par exemple de se rendre en des lieux peu connus dont il semblerait qu'il existe des activités similaires au ranch "Skinwalker" de l'Utah. Selon nous, il existe effectivement plusieurs lieux où se concentrent les anomalies. Parfois ces anomalies sont similaires à ce que nous connaissons, parfois cela semble assez différent. Nous pensons qu'il existe encore des points précis, inconnus des enquêteurs, qui mériteraient des investigations sérieuses. Nous avons quelques pistes, mais ceci est une autre histoire.




Quelle est votre conclusion sur le type de phénomène qui se produit sur le Col de Vence ?

I.C.V.D : Nous ne savons pas aujourd'hui si les phénomènes que nous connaissons dans la zone vençoise, mais plus généralement les phénomènes que nous connaissons dans toute la région, sont d'origine unique ou multiple. Les manifestations peuvent être très différentes, car nous avons à la fois l'aspect ufologique typique, mais aussi en marge de ces manifestations aériennes, il y a également ces manifestations de proximités. Difficile alors d'affirmer s'il s'agit de la même chose ou pas. Toujours est-il que nous avons la conviction que des liens étroits existent entre ces phénomènes. Ce dont nous sommes convaincus après toutes nos expériences, est qu'il existe bel et bien une ou des Intelligences Invisibles qui semblent parfois être disposées à montrer un peu de leurs talents. Mais malheureusement, cela ne suffit jamais pour que l'on puisse en tirer des conclusions et encore moins des preuves. C'est un jeu subtil où il faut accepter de ne pas être les seuls maîtres de la situation. Le Phénomène est complexe. Si nous voulons en savoir plus, c'est à nous d'être à la hauteur.

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Interview faite par Internet en Mai 2009
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LE PROJET AMS

17 mai 2009

BD : DEDICACES 2009 / PARTIE IV

Seulement pour le plaisir des yeux

(pour les amateurs du 9ème art - et tous les autres également)

DEDICACES 2009 - PARTIE IV

LE REGULATEUR
T1. AMBROSIA
Dessinateur : MORENO - Scénariste : CORBEYRAN
Delcourt
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L'ASSASSIN ROYAL
T2. L'Art
Dessinateur : Laurent Sieurac - Scénariste : Jean-Charles Gaudin - Coloriste : Fabien Alquier
Editions Soleil
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FRANKENSTEIN
T2.
Scénario & Dessin : Marion Mousse
Editions Delcourt
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FRANKENSTEIN
T3.
Scénario & Dessin : Marion Mousse
Editions Delcourt
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LE SUEDOIS
Scénario & Dessin : Christophe Gaultier
Futuropolis
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NANAMI
T1. LE THEATRE DU VENT
Dessinateur : NAURIEL - Scénariste : COBEYRAN & SARN
Editions Dargaud



(A SUIVRE...)
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UN MONDE DE BULLES

LA RESERVE A BULLES